Une étude internationale a révélé les effets de l’hyperglycémie sur la santé cardiaque à l’adolescence, montrant que des niveaux élevés et persistants de sucre dans le sang et une résistance à l’insuline entraînent des dommages structurels et fonctionnels au cœur.
Les chercheurs, dirigés par l’Université de Finlande orientale, ont précisé que le mode de vie et les habitudes alimentaires durant l’adolescence jouent un rôle crucial dans la prévention de ces problèmes de santé. Les résultats ont été publiés lundi dans la revue Diabetes Care.
L’hyperglycémie à l’adolescence indique des niveaux anormaux de glucose dans le sang, pouvant être causés par plusieurs facteurs, notamment les changements hormonaux associés à la puberté, qui influencent la réponse du corps à l’insuline, entraînant une résistance à l’insuline et une augmentation du taux de sucre. Les mauvaises habitudes alimentaires, telles qu’une consommation excessive de produits riches en sucres et en graisses, ainsi que le manque d’activité physique, aggravent également le problème. L’obésité joue aussi un rôle majeur, car l’excès de graisse augmente significativement le risque de développer une résistance à l’insuline.
L’étude a été menée en collaboration avec plusieurs institutions académiques de renom, notamment la Baylor College of Medicine aux États-Unis, l’Université de Berne en Suisse, l’Institut Murdoch pour la recherche sur les enfants en Australie, ainsi que les universités de Bristol et d’Exeter au Royaume-Uni, en plus de l’Université de Finlande orientale.
Les chercheurs ont suivi 1595 adolescents issus du projet « Children of the 90s » de l’Université de Bristol, de l’âge de 17 à 24 ans. Ils ont constaté qu’environ 6,2 % des adolescents âgés de 17 ans présentaient un taux de glycémie à jeun supérieur à 5,6 mmol/L, indiquant un état de prédiabète. Ce pourcentage a considérablement augmenté pour atteindre 26,9 % à l’âge de 24 ans.
Le taux d’hypertrophie cardiaque (hypertrophie du ventricule gauche) a triplé, passant de 2,4 % à 17 ans à 7,1 % à 24 ans chez les jeunes souffrant d’hyperglycémie. De même, la proportion de dégradation de la fonction cardiaque est passée de 9,2 % à l’adolescence à 15,8 % à l’âge adulte.
Les résultats ont montré que la persistance de l’hyperglycémie de 17 à 24 ans était associée à une augmentation de 46 % du risque d’hypertrophie du ventricule gauche, et que ce risque triplait lorsque les taux de sucre restaient constamment élevés.
L’étude a aussi indiqué que les jeunes femmes étaient plus affectées : des niveaux élevés de sucre dans le sang augmentaient davantage l’incidence de l’hypertrophie cardiaque chez elles par rapport aux jeunes hommes.
Les chercheurs ont conclu que ces résultats soulignent l’importance d’améliorer les modes de vie et les habitudes alimentaires durant l’adolescence, car la détérioration précoce de la santé cardiaque pourrait être un signe avant-coureur du développement de maladies chroniques à l’âge adulte.