L’avertissement est rare, et il est grave. Un comité d’experts indépendant a demandé au gouvernement de trouver en urgence un milliard d’euros d’économies dans les dépenses de santé. L’objectif : enrayer le dérapage annoncé du déficit de la Sécurité sociale, en particulier sur les postes explosifs que sont les indemnités journalières et les remboursements de médicaments. Le signal d’alarme, déclenché ce mercredi, met le gouvernement face à ses promesses budgétaires trop optimistes pour 2025. Selon le comité d’alerte, la dérive pourrait atteindre 1,3 milliard d’euros, bien au-delà du seuil toléré par la loi. Cette situation oblige donc l’exécutif à réagir formellement, en présentant des mesures correctrices dans les prochaines semaines. Un scénario qui renvoie à 2007, dernière fois qu’un tel avertissement avait été émis, et qui s’était soldé par des coupes drastiques dans les remboursements.
Médicaments, arrêts maladie, hôpitaux : la facture s’envole
Le principal poste de dérapage est celui des indemnités journalières. En quatre mois seulement, les dépenses dans ce domaine ont grimpé de 6,7 %, soit bien plus que les 4 % prévus. Si la tendance se confirme, la facture atteindra 500 millions d’euros au-dessus des prévisions. Même constat du côté des médicaments : les économies espérées grâce à un accord avec les industriels n’ont pas été sécurisées (le protocole n’est toujours pas signé) et les baisses attendues sur les prix des génériques ou biosimilaires semblent de plus en plus hypothétiques. Quant aux hôpitaux publics, leur déficit cumulé pourrait dépasser les 3 milliards d’euros cette année. Les réserves financières du système devraient être mobilisées en priorité pour soutenir ces établissements, laissant peu de marge pour éponger le reste. En coulisses, le gouvernement prépare déjà les esprits à des choix difficiles. Un rendez-vous avec les gestionnaires de la Sécurité sociale a eu lieu le 3 juin, et les caisses doivent désormais formuler leurs propositions d’ici peu. Reste à savoir si les économies passeront une nouvelle fois par des coupes sensibles pour les patients, les soignants et l’industrie pharmaceutique. Comme en 2007, un cocktail de baisses de remboursements, de tarifs médicaux revus à la baisse et de pressions sur les prix des médicaments n’est pas à exclure. L’heure est venue pour l’exécutif de trancher.