SANTÉ - Comment le gaz hilarant peut-il aider à surmonter la dépression  ?
SANTÉ – Comment le gaz hilarant peut-il aider à surmonter la dépression  ?

Une étude américaine a révélé un nouveau mécanisme neurologique qui explique comment le protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de «  gaz hilarant  », pourrait offrir un traitement efficace et à action rapide contre la dépression résistante aux traitements.

Les chercheurs de l’université de Chicago ont précisé que ce gaz, connu pour ses effets analgésiques et sédatifs, ne se limite pas à une simple fonction anesthésiante. Il serait également capable de réactiver certains circuits neuronaux liés à l’amélioration de l’humeur, et ce, même après avoir quitté l’organisme. Les résultats ont été publiés jeudi dans la revue Nature Communications.

La dépression résistante au traitement désigne les cas où les antidépresseurs classiques ne produisent aucun effet, ce qui laisse environ un tiers des patients dans une souffrance chronique, sans solution thérapeutique efficace. Même lorsqu’ils fonctionnent, les traitements traditionnels mettent souvent plusieurs semaines avant de produire un effet, ce qui représente un défi pour les personnes traversant des épisodes dépressifs sévères.

Face à cette urgence, les scientifiques ont commencé à explorer l’effet de substances à action rapide présentant des propriétés neurologiques différentes comme alternatives potentielles. Après les résultats prometteurs de la kétamine comme antidépresseur, les chercheurs se sont intéressés au protoxyde d’azote pour ses effets rapides contre la dépression.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé des techniques avancées pour surveiller l’activité cérébrale chez des souris soumises à un stress chronique, un modèle couramment utilisé pour simuler la dépression humaine.

Après inhalation du gaz, ils ont observé une amélioration immédiate du comportement des souris, qui sont devenues plus actives et ont adopté des comportements positifs tels que boire de l’eau sucrée, un signe révélateur d’un état émotionnel amélioré.

Les examens cérébraux ont montré que le gaz activait un groupe spécifique de neurones dans le cortex cingulaire, une zone clé du cerveau impliquée dans la régulation des émotions et de l’humeur.

L’effet s’est particulièrement manifesté au niveau des neurones pyramidaux de la couche V, qui sont souvent sous-actifs chez les personnes souffrant de dépression liée au stress.

Et surtout, cette amélioration s’est maintenue après l’élimination du gaz de l’organisme, ce qui suggère que son action ne se limite pas à un effet temporaire d’euphorie ou d’intoxication, mais qu’il induit un rééquilibrage durable de l’activité cérébrale.

L’étude a ainsi démontré que l’effet antidépresseur du protoxyde d’azote repose sur l’activation ciblée de certains neurones, contribuant à restaurer l’équilibre neurologique et à atténuer les symptômes dépressifs.

Selon les chercheurs, ces résultats offrent une nouvelle perspective pour traiter la dépression par des approches non conventionnelles, où la stimulation directe des circuits neuronaux pourrait servir d’alternative ou de complément aux traitements classiques.

Ils ajoutent qu’il reste nécessaire de mener d’autres recherches pour déterminer la durabilité de ces effets neurologiques, mais ces conclusions pourraient ouvrir la voie au développement de médicaments oraux imitant les effets du gaz sans avoir besoin de l’inhaler.

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