Prothèses robotisées - un algorithme améliore la marche des amputés (wikipedia commons)
Prothèses robotisées - un algorithme améliore la marche des amputés (wikipedia commons)

À l’Université du Michigan, des chercheurs ont mis au point un algorithme capable d’améliorer de manière significative le contrôle des prothèses de jambe robotisées. Testé sur le genou motorisé Power Knee conçu par la société islandaise Össur, ce nouveau système offre une démarche plus fluide, réduit le risque de chute et diminue les tensions sur les articulations saines. Jusqu’à présent, les prothèses motorisées restaient peu utilisées en dehors des laboratoires. Trop complexes ou jugées peu naturelles, elles peinaient à convaincre les utilisateurs habitués à des dispositifs passifs plus légers. Mais l’étude menée par l’équipe du professeur Robert Gregg, publiée dans le Journal of NeuroEngineering and Rehabilitation, pourrait changer la donne.

Un contrôle inspiré du mouvement humain

L’algorithme développé par les ingénieurs de Michigan Robotics se distingue par sa capacité d’adaptation. Contrairement au système classique d’Össur, qui reconnaît les gestes de l’utilisateur pour anticiper ses mouvements, cette nouvelle approche repose sur un modèle biomécanique du corps humain. À chaque instant, le logiciel mesure la position de la cuisse et ajuste la réponse du genou motorisé en conséquence. Résultat : une marche plus symétrique et des mouvements mieux synchronisés, même pour des utilisateurs novices. Ceux qui se déplaçaient avec difficulté, parfois avec une canne, ont constaté une aide notable pour s’asseoir, se lever ou marcher sur tapis roulant. Les participants plus mobiles ont, eux, montré des progrès spectaculaires : élévation de l’orteil de la prothèse (réduisant les risques de chute) et diminution du balancement des hanches, souvent à l’origine de douleurs dorsales.

Vers une adoption clinique des prothèses motorisées

Les essais ont révélé que, malgré seulement deux séances d’entraînement, les participants apprenaient rapidement à maîtriser la prothèse. Selon le chercheur Kevin Best, premier auteur de l’étude, cet algorithme rapproche enfin la marche artificielle du mouvement naturel du membre humain. Jusqu’ici, le manque de preuves concrètes freinait la prise en charge de ces technologies par les compagnies d’assurance. Cette étude fournit les premiers résultats solides démontrant les bénéfices des genoux robotisés par rapport aux modèles passifs. Deux participants ont d’ailleurs décidé d’adopter le Power Knee comme prothèse quotidienne, preuve que cette innovation dépasse désormais le cadre du laboratoire. L’équipe souhaite à présent étendre ses essais à la montée d’escaliers, aux rampes et à des tests à domicile. Soutenue par les National Institutes of Health et la National Science Foundation, elle a déjà déposé un brevet pour protéger son algorithme. Si les essais confirment la fiabilité du système, Össur pourrait prochainement intégrer cette technologie à ses futures prothèses, marquant une avancée décisive vers une mobilité robotisée plus naturelle et accessible.

Que retenir rapidement ?

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