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Les allergies saisonnières touchent près d’un adulte sur trois en France, et la situation ne fait qu’empirer. Avec le réchauffement climatique, les périodes de pollinisation s’allongent, et de nouvelles plantes allergènes s’implantent sur le territoire. Un cocktail explosif qui amplifie les réactions allergiques et complique leur prise en charge.

Des épisodes allergiques de plus en plus précoces et intenses

Ces derniers jours, un air de printemps prématuré souffle sur l’Hexagone. Résultat : une dispersion précoce et massive des pollens dans plusieurs régions. Une trentaine de départements du sud et de l’ouest ont été placés en alerte rouge pour risque allergique par le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), contre seulement huit il y a peu.

Les symptômes bien connus – éternuements, yeux rouges, gorge irritée, congestion nasale – se manifestent plus tôt dans la saison et semblent plus sévères qu’auparavant. Selon l’Inserm, les cas de rhinites allergiques ont été multipliés par quatre en 30 ans, signe que les allergies ne sont plus seulement saisonnières mais deviennent un enjeu de santé publique majeur.

Dans son cabinet du Tarn, Madiha Ellaffi, allergologue, observe une aggravation des symptômes chez ses patients : « Avant, un spray nasal et un antihistaminique suffisaient à soulager les crises. Aujourd’hui, ces traitements paraissent moins efficaces et l’allergie devient plus sévère. » La spécialiste prescrit de plus en plus de désensibilisations, preuve que la tolérance aux allergènes diminue.

Le réchauffement climatique favorise aussi l’arrivée de nouvelles espèces de plantes envahissantes dont le pollen est particulièrement agressif. L’ambroisie, par exemple, est un véritable fléau qui colonise de plus en plus de régions françaises.

Un cercle vicieux alimenté par le climat

Les scientifiques s’accordent à dire que le changement climatique intensifie les allergies à plusieurs niveaux :

  • Floraison plus précoce : les températures douces avancent la libération des pollens.
  • Périodes de pollinisation prolongées : certaines plantes allergènes, comme les graminées, libèrent leurs particules sur des durées plus longues.
  • Augmentation des concentrations de CO₂ : elle stimule la croissance de certaines espèces allergènes.
  • Propagation de nouvelles plantes invasives : des espèces comme l’ambroisie prolifèrent dans des régions où elles étaient auparavant absentes.

Face à ces bouleversements, les autorités sanitaires et les spécialistes appellent à renforcer les campagnes de prévention et à mieux anticiper les pics allergiques pour limiter leur impact sur la population.

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