Ménopause : une vaste étude écarte le risque d’augmentation de la mortalité lié aux traitements hormonaux
Ménopause : une vaste étude écarte le risque d’augmentation de la mortalité lié aux traitements hormonaux

Plus de vingt ans après la tempête provoquée par une étude américaine alarmante, le débat sur les traitements hormonaux de la ménopause connaît un nouvel éclairage. Une recherche danoise d’ampleur, publiée dans la revue BMJ, conclut que ces traitements ne sont pas associés à une hausse de la mortalité.

L’étude s’appuie sur les données de santé de près de 800 000 femmes nées entre 1950 et 1977 au Danemark. Parmi elles, environ 100 000 ont eu recours à un traitement hormonal destiné à atténuer les symptômes de la ménopause, notamment les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil ou les variations de l’humeur. Les chercheurs indiquent ne pas avoir observé d’excès de mortalité chez les femmes traitées par rapport à celles qui ne l’étaient pas.

Les traitements hormonaux consistent à administrer des œstrogènes, souvent associés à des progestatifs, afin de compenser la baisse naturelle de ces hormones lors de la ménopause. Leur utilisation avait fortement reculé après la publication, en 2002, d’une étude américaine très médiatisée évoquant un risque accru de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires. Depuis, plusieurs travaux ont nuancé ces conclusions, soulignant notamment que l’âge des participantes et le contexte de prescription pouvaient influencer les résultats.

Un débat médical encore sensible

Au Danemark comme en France ou aux États-Unis, l’usage de ces traitements a diminué au fil des années, malgré des recommandations actualisées. Les auteurs de la nouvelle étude estiment que leurs résultats confortent les lignes directrices internationales, notamment celles de l’Endocrine Society, qui préconise un recours aux traitements hormonaux chez les femmes récemment ménopausées présentant des symptômes modérés à sévères, en l’absence de contre-indications cardiovasculaires ou oncologiques.

Les chercheurs ne mettent pas en évidence d’effet global protecteur sur la mortalité dans l’ensemble de la population étudiée. Toutefois, ils relèvent un résultat notable dans un sous-groupe spécifique. Chez les femmes ayant subi l’ablation des deux ovaires, souvent pour prévenir un cancer chez des patientes à risque, le recours au traitement hormonal est associé à une diminution d’environ un tiers du risque de décès.

Ces conclusions ne ferment pas le débat, mais elles apportent un élément important dans l’évaluation du rapport bénéfices-risques. Elles suggèrent que, dans un cadre médical encadré et pour des patientes sélectionnées, les traitements hormonaux de la ménopause ne se traduisent pas par une surmortalité, un point central dans une discussion qui reste marquée par les controverses du début des années 2000.

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