À 27 ans, une habitante des Sables-d’Olonne pensait simplement obtenir une chevelure lisse et disciplinée. Quelques jours plus tard, elle découvrait que ses reins étaient gravement endommagés. Son histoire met en lumière les risques liés au lissage brésilien, une pratique esthétique de plus en plus répandue mais dont la toxicité reste largement méconnue.
Des douleurs foudroyantes après une séance banale
Tout avait commencé de manière anodine. Après une première expérience réussie de lissage brésilien en 2024, la jeune femme avait décidé de renouveler l’opération en juin dernier. Mais cette fois, quelques heures après la pose du produit, elle ressent de vives douleurs abdominales et un épuisement qu’elle attribue d’abord au travail. Le lendemain, la souffrance devient insoutenable, localisée dans le dos. Pensant à une simple contracture ou à des coliques néphrétiques, elle consulte plusieurs médecins avant d’être envoyée aux urgences. Les examens révèlent alors une insuffisance rénale aiguë. Les spécialistes du service de néphrologie de La Roche-sur-Yon posent rapidement le diagnostic et cherchent à identifier la cause. C’est en retraçant minutieusement son emploi du temps que le lien est établi : la séance de lissage brésilien quelques jours plus tôt.
Un produit cosmétique aux effets toxiques
Le produit utilisé contenait de l’acide glyoxylique, une substance déjà connue pour sa dangerosité. Problème : les fabricants de cosmétiques ne sont pas toujours tenus de mentionner tous les composants, notamment sur les produits importés. Dans ce cas précis, l’acide incriminé n’apparaissait pas sur l’étiquetage. L’information a depuis été transmise au centre antipoison d’Angers. Les médecins estiment que cette exposition a gravement fragilisé les reins de la patiente. Son état a pu être stabilisé grâce à une hospitalisation rapide, mais les séquelles resteront irréversibles. Elle confie désormais ressentir régulièrement des douleurs après certains repas ou lors d’efforts prolongés, signes que ses reins ne retrouveront jamais leur pleine capacité.
Une pratique banalisée mais sans encadrement strict
Cette mésaventure met en lumière l’absence de réglementation stricte autour du lissage brésilien. L’Agence nationale de sécurité sanitaire avait déjà alerté sur les risques de ces produits, mais dans les faits, aucun agrément spécifique n’est exigé pour pratiquer cette technique. N’importe quel salon ou institut peut proposer ce service après une simple formation, sans contrôle approfondi des substances employées. L’affaire des Sables-d’Olonne rappelle donc qu’un geste esthétique a priori banal peut tourner au drame sanitaire. La victime appelle désormais à la vigilance : elle raconte son histoire autour d’elle et insiste sur le fait que « faire un lissage brésilien n’est pas anodin ». Derrière l’image d’une chevelure parfaitement lissée, c’est parfois un corps entier qui encaisse le prix.