Un sommeil réparateur pourrait bien être l’un des meilleurs remparts contre la maladie d’Alzheimer. Longtemps relégué au second plan dans les stratégies de prévention, le sommeil profond – aussi appelé sommeil à ondes lentes – est aujourd’hui au cœur de recherches prometteuses. Selon une étude récente parue dans AMA Neurology, une simple baisse de 1 % de ce type de sommeil peut entraîner une hausse du risque d’Alzheimer de 32 %. Autrement dit, négliger ses nuits, c’est potentiellement accélérer le déclin cognitif. Le sommeil profond n’est pas qu’un repos passif. Durant cette phase, le cerveau se livre à un véritable grand ménage nocturne. Le système glymphatique, sorte de réseau d’évacuation interne, élimine alors les toxines, notamment les fameuses protéines bêta-amyloïdes, connues pour s’accumuler dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer. Un sommeil de mauvaise qualité empêche ce nettoyage, favorisant peu à peu l’apparition de lésions cérébrales.
Une hygiène de vie à repenser pour protéger son cerveau
Avec l’âge, le sommeil devient plus léger, plus morcelé, et le sommeil profond se raréfie. Or, des chercheurs américains ont montré que les personnes âgées bénéficiant d’un bon sommeil à ondes lentes conservent de meilleures performances en mémoire. À l’inverse, une réduction progressive de cette phase de sommeil est associée à un risque accru de démence. D’autres facteurs comme l’hypertension, certains traitements médicamenteux ou la génétique (notamment le gène APOE ε4) peuvent encore aggraver ce phénomène. Mais il n’est jamais trop tard pour améliorer ses nuits. Respecter des horaires de coucher réguliers, s’exposer à la lumière naturelle en journée, éviter les écrans avant le coucher, pratiquer une activité physique modérée et proscrire alcool et caféine en soirée sont autant de gestes simples qui favorisent un sommeil de qualité. En cas de doutes persistants ou de troubles répétés, un bilan médical ou une polysomnographie peuvent être envisagés. Préserver sa mémoire, c’est aussi – et peut-être surtout – apprendre à dormir. Une bonne nuit vaut parfois plus qu’un médicament.