Tout commence par un écran tactile au pied de la mairie : dans le village eurois, on décroche désormais un rendez-vous médical comme on réserve un billet de train. On scanne son smartphone, la porte coulisse, et c’est au patient de sortir le tensiomètre, de clipser l’oxymètre, guidé par un généraliste à distance. L’expérience étonne, mais répond à dix ans d’errance sanitaire : avec seulement 58 médecins pour 100 000 habitants, l’Eure reste une zone blanche où l’on patiente plus d’une semaine pour un simple avis.
Désert médical, solution express
Installée le 5 avril, la « box » promet un créneau en une à deux heures, sept jours sur sept. Jean-Louis Guirlin, maire sans étiquette, l’assume : plutôt que mendier un cabinet qui ne viendra jamais, le village a opté pour la télémédecine clé en main. Déjà, les plus de soixante ans, exclus des listes de généralistes, remplissent l’agenda numérique. Reste à savoir si ce palliatif tiendra la distance : la borne rassure, mais elle rappelle surtout l’ampleur de la faille que laisse, jour après jour, la médecine de proximité.