CHU de Caen : les urgences privées d’internes, symbole d’un hôpital à bout de souffle
CHU de Caen : les urgences privées d’internes, symbole d’un hôpital à bout de souffle

C’est une situation exceptionnelle qui révèle l’ampleur de la crise hospitalière. À partir de ce lundi 3 novembre, les urgences du CHU de Caen n’accueilleront plus d’internes en médecine. Une décision rarissime, prise faute de médecins suffisamment nombreux pour les encadrer dans de bonnes conditions. Selon l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), cette suspension résulte d’un encadrement devenu impossible. Le service, qui devrait compter six praticiens, n’en compte plus que trois, une situation qui a pesé lourdement sur la charge de travail et sur la santé mentale des étudiants. Plusieurs d’entre eux auraient signalé une « surcharge émotionnelle ». Concrètement, les urgences du CHU devront se passer d’une vingtaine d’internes pour le semestre allant de novembre à mai. Ces jeunes médecins seront réaffectés dans d’autres services ou d’autres hôpitaux de la région. L’Agence régionale de santé (ARS) travaille désormais avec les médecins généralistes pour leur demander une « contribution active » afin d’alléger la pression sur le service.

Un symptôme national d’épuisement

Au-delà du cas caennais, les syndicats dénoncent une crise généralisée. Partout en France, le manque de médecins encadrants rend la formation des internes de plus en plus fragile. « Les internes deviennent les variables d’ajustement d’un système à bout de souffle », déplore l’Isni. À Caen, la direction espère encore trouver des renforts venus d’autres spécialités du CHU. Mais pour beaucoup, cette suspension illustre une réalité inquiétante : celle d’un hôpital public qui peine désormais à assurer sa mission de formation tout en continuant à soigner, faute de bras.

Que retenir rapidement ?

C’est une situation exceptionnelle qui révèle l’ampleur de la crise hospitalière. À partir de ce lundi 3 novembre, les urgences du CHU de Caen n’accueiller

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