Une étape décisive a été franchie ce lundi 19 mai à Genève : les membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté en commission le projet d’accord international sur les pandémies, ouvrant la voie à une approbation officielle ce mardi par l’Assemblée mondiale de la santé. Ce traité, fruit de trois années de négociations, vise à organiser une réponse mondiale coordonnée en cas de nouvelle pandémie et à garantir un accès équitable aux vaccins, traitements et diagnostics.
Une coordination sans précédent, mais sans Washington
Adopté à une large majorité (124 voix pour, 11 abstentions), le texte prévoit notamment un mécanisme de partage des pathogènes et des avantages (PABS), censé permettre un échange rapide des données et une redistribution partielle des contre-mesures médicales produites. Si la communauté internationale salue un accord « historique », l’absence des États-Unis, qui ont quitté les négociations sur décision de Donald Trump, pèse lourd dans les discussions. Le retrait américain, combiné à un gel de leur aide à l’OMS, prive l’organisation de son principal bailleur de fonds et soulève des inquiétudes sur sa viabilité financière.
Coupes budgétaires à l’OMS et prochaines étapes
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme sur les finances de l’organisation. Avec un déficit salarial de plus de 500 millions de dollars prévu pour 2026-2027, l’OMS a déjà annoncé la réduction de ses effectifs dirigeants et le passage de 76 à 34 départements. L’accord sur les pandémies, bien que salué, devra encore faire l’objet de négociations d’ici mai 2026 pour préciser les modalités concrètes de mise en œuvre du mécanisme PABS et sa ratification par les États membres.