Faire du sport, c’est bon pour le corps, mais pas toujours pour la peau. Derrière les haltères rutilants et les tapis de course dernière génération, les salles de sport peuvent être de véritables nids à microbes. Bactéries, champignons, staphylocoques et autres agents pathogènes s’y invitent régulièrement, parfois en bien plus grand nombre que dans les toilettes publiques.
Un terrain idéal pour les germes
Des études microbiologiques ont révélé l’ampleur du phénomène : les équipements de fitness peuvent être bien plus contaminés que des sanitaires. Les poids et haltères, par exemple, abriteraient jusqu’à 362 fois plus de bactéries qu’un siège de toilettes. Les tapis de course seraient 74 fois plus pollués, souvent par des staphylocoques, tandis que les poignées des vélos elliptiques et les pédales de machines affichent également des taux de contamination élevés. Les sols des vestiaires et des douches sont, eux, propices à la prolifération de champignons responsables de mycoses comme le pied d’athlète. Parmi les agents pathogènes les plus fréquents, on retrouve le staphylocoque doré, capable de provoquer des infections cutanées sérieuses, mais aussi la bactérie E. coli, détectée sur 70 % des équipements analysés dans une étude parue dans le Journal of Environmental Health. Le candida, champignon microscopique à l’origine de nombreuses mycoses, est également très présent dans les environnements chauds et humides. La transpiration, le manque de ventilation et les nettoyages irréguliers ne font qu’aggraver le risque, surtout lorsque les usagers négligent les règles d’hygiène élémentaires.
De bons réflexes à adopter
Pour éviter de repartir de la salle de sport avec une infection, il est essentiel d’adopter quelques gestes simples. Se laver les mains soigneusement avant et après la séance, ou utiliser du gel hydroalcoolique, limite déjà beaucoup de transmissions. Il est aussi indispensable de désinfecter les machines avant et après utilisation, en s’aidant des sprays et lingettes souvent mis à disposition. Éviter de se toucher le visage durant l’entraînement est un réflexe à adopter, tout comme celui de porter des tongs dans les douches pour éviter les contacts directs avec les sols contaminés. Il est aussi conseillé de prendre une douche sans tarder après l’effort, avec un savon antibactérien, et de changer immédiatement ses vêtements humides afin d’éviter la macération. À plus long terme, bien choisir sa salle est également une manière de se protéger. Propreté des lieux, fréquence des nettoyages, état des vestiaires et transparence sur les protocoles sanitaires doivent faire partie de vos critères. L’exercice physique est une bonne habitude, à condition de ne pas en faire un nid à microbes.