Ce mercredi 21 mai, sept associations de consommateurs et de santé publique tirent la sonnette d’alarme : les promotions alimentaires pratiquées dans les supermarchés « bradent la santé des Français », en favorisant massivement des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés. Une enquête coordonnée par Foodwatch France pointe du doigt les pratiques des cinq principales enseignes de la grande distribution.
Des réductions qui ciblent les « mauvais produits »
Près de 5 000 offres promotionnelles ont été passées au crible dans les rayons de Carrefour, E. Leclerc, Intermarché, Lidl et Coopérative U, entre février et mars 2025. Résultat : deux tiers des promotions portent sur des produits jugés néfastes pour la santé, au regard des recommandations officielles du Programme national nutrition santé (PNNS). À l’inverse, seulement 12 % des produits promus sont considérés comme bénéfiques — fruits, légumes, légumineuses — alors même que les Français en consomment insuffisamment. Certaines familles d’aliments concentrent les écarts : charcuteries, plats cuisinés à base de viande rouge, sodas, biscuits et viennoiseries sont fréquemment concernés. À cela s’ajoutent des mécanismes qui encouragent la surconsommation, comme les lots ou les formules « 2 achetés = 1 offert », souvent appliquées à des produits à limiter.
Des discours marketing contredits par les pratiques
« Les grandes surfaces se présentent comme les alliées du ‘mieux manger’, mais leurs promotions contredisent leurs engagements », déplore Audrey Morice, porte-parole de Foodwatch. Avec le Réseau Action Climat, France Assos Santé, la Fédération des diabétiques ou encore le Collectif des associations d’obèses, l’organisation appelle à rééquilibrer les stratégies commerciales : au moins 50 % des promotions devraient concerner des aliments sains et accessibles. Pour ces associations, il est urgent de sortir d’un modèle à deux vitesses, où les produits industriels néfastes sont vendus à bas prix, pendant que les produits frais restent peu mis en avant. Elles interpellent aussi les pouvoirs publics pour que la législation tienne compte des enjeux de santé publique liés à la politique de prix pratiquée dans la distribution.