Au Nigeria, les législateurs ont ouvert mercredi une enquête sur la gestion de 4,6 milliards de dollars d’aides internationales versées entre 2021 et 2025 pour la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Malgré ces financements massifs, les taux de mortalité liés à ces maladies restent particulièrement élevés dans le pays, suscitant des interrogations sur l’efficacité et la transparence des programmes de santé publique.
La motion, présentée à la Chambre des représentants, demande un audit complet de l’utilisation des fonds provenant de bailleurs internationaux, dont le Fonds mondial et d’autres partenaires du développement. Les parlementaires affirment que l’aide reçue n’a pas produit les résultats escomptés et qu’une « surveillance urgente » s’impose pour éviter que le Nigeria ne manque l’objectif fixé par les Nations unies : éradiquer les grandes épidémies d’ici 2030.
Selon plusieurs députés, une partie des subventions aurait été mal allouée ou insuffisamment suivie, entraînant un gaspillage des ressources dans un système de santé déjà fragilisé. Certains ont également dénoncé un manque de coordination entre les agences gouvernementales et les organisations partenaires, ainsi qu’une faible implication des autorités locales dans la mise en œuvre des programmes.
Le Nigeria reste l’un des pays les plus touchés d’Afrique par ces maladies infectieuses. Plus de 1,8 million de Nigérians vivent actuellement avec le VIH, tandis que la tuberculose et le paludisme continuent de faire des centaines de milliers de victimes chaque année. Les coupes budgétaires internationales et les retards de financement aggravent encore la situation, limitant l’accès aux traitements et à la prévention, notamment dans les zones rurales.
Les parlementaires espèrent que cette enquête permettra de renforcer la reddition de comptes et d’améliorer la gestion future des fonds destinés à la santé publique. En toile de fond, elle traduit une préoccupation croissante face à la persistance des inégalités sanitaires dans un pays qui dispose pourtant des moyens humains et financiers pour faire reculer ces maladies évitables.