Martin-Église : le Médicobus vandalisé, l’accès aux soins menacé
Martin-Église – le Médicobus vandalisé, l’accès aux soins menacé

Ils ont retrouvé leur outil de travail, leur « Médicobus », dans un état lamentable. En plein week-end de mi-août, des intrus ont pénétré sur le site de l’association Appui Santé à Martin-Église, près de Dieppe, et se sont acharnés sur le camion servant au transport du matériel médical. Le visage de la camionnette Renault a littéralement été désossé : calandre et ailes arrachées, câbles sectionnés, équipements embarqués dispersés. « Le véhicule est inutilisable », a lâché, désemparé, Julien Coquais, président de l’association, qui gère ce centre de santé mobile depuis le début de l’année. Pour les patients isolés de la région, c’est la triste promesse de consultations retardées et un symbole de fragilité des services médicaux en milieu rural. 

Une mission essentielle au ralenti

L’association Appui Santé Caux-Bray Albâtre s’est donné pour mission de rapprocher la médecine des habitants des communes dépourvues de médecins traitants. Contrairement à ce que laisse penser son nom, le « Médicobus » n’est pas un cabinet roulant : c’est un dispositif de consultations délocalisées organisé autour d’un véhicule qui transporte et installe le matériel nécessaire dans des locaux communaux. Ce camion était arrivé en renfort en avril 2024 pour parcourir les villages du pays de Bray et du littoral entre Eu, Le Tréport, Mers-les-Bains et Arques-la-Bataille. Deux jours par semaine, il rendait possible des consultations de médecine générale et de spécialités (dermatologie, gynécologie, diabétologie, cardiologie, psychiatrie) en fixant des permanences dans des salles communales où les patients pouvaient rencontrer un médecin sur rendez-vous. Le dispositif vise prioritairement les personnes âgées ou sans véhicule, qui peinent à décrocher un rendez-vous en ville.. En découvrant dimanche 17 août le véhicule vandalisé, l’association a aussitôt diffusé un communiqué dénonçant un « geste malveillant » et annonçant que l’agression allait provoquer des perturbations techniques pouvant « affecter légèrement la fluidité du service ». Toutes les équipes se sont aussitôt mobilisées pour mettre en place des solutions provisoires. « On n’avait pas le choix : on a réquisitionné des voitures personnelles et nous avons mutualisé du matériel » confie un membre de l’équipe, persuadé que les consultations ne doivent pas cesser. 

Un acte incompréhensible et une mobilisation locale

Les premiers éléments de l’enquête interne laissent penser à un acte de vandalisme gratuit. Aucun vol de matériel médical n’a été constaté, et les caméras de vidéoprotection montrent des silhouettes cagoulées opérant rapidement avant de disparaître. L’association a déposé plainte et transmis les images aux gendarmes. À ce stade, aucune piste n’est privilégiée, mais les dirigeants d’Appui Santé dénoncent un sabotage qui touche en premier lieu les patients vulnérables. « Nous sommes en colère et tristes » confie une bénévole, « nos moyens sont limités et nous devons déjà lutter pour financer le carburant, les médecins et le matériel ». Les élus locaux ont fait part de leur indignation. Le maire de Martin-Église a condamné « un acte de stupidité absolue » et assuré l’association de son soutien matériel pour la remise en état.

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