Manucure - le TPO, ingrédient toxique des vernis semi-permanents, interdit dès le 1er septembre @Marko Milivojevic
Manucure - le TPO, ingrédient toxique des vernis semi-permanents, interdit dès le 1er septembre @Marko Milivojevic

C’est un petit sigle méconnu du grand public, mais qui va disparaître des salons de manucure. Le TPO (oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine), utilisé dans les gels de vernis semi-permanents, sera interdit en France dès le 1er septembre. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelle que cette substance a été classée toxique pour la reproduction. Jusqu’ici, le TPO restait autorisé pour un usage strictement professionnel et à une concentration maximale de 5 %. Sa fonction était centrale : il permettait aux gels durs d’être fixés grâce à une lampe UV ou LED. Mais la publication du règlement européen « Omnibus VII », entrée en vigueur en mai 2025, a acté son retrait définitif des formulations cosmétiques.

Un retrait immédiat et sans dérogation

Dès le 1er septembre, il ne sera plus possible ni de vendre ni d’utiliser des produits contenant du TPO. Les prothésistes ongulaires doivent donc renouveler leurs stocks dans l’urgence. Pour les clientes, cela signifie que certains gels semi-permanents vont purement et simplement disparaître du marché. L’industrie, toutefois, n’a pas attendu cette échéance. Plusieurs fabricants affirment avoir anticipé l’interdiction en développant des alternatives conformes à la réglementation. La marque française Lova, par exemple, met en avant de nouvelles formules présentées comme tout aussi efficaces, mais sans danger connu pour la santé.

Une vigilance accrue sur les risques liés aux lampes UV

L’interdiction du TPO s’inscrit dans une logique plus large de surveillance des produits cosmétiques. En 2023, l’Académie nationale de médecine avait déjà alerté sur les dangers des lampes UV utilisées pour sécher les vernis. Les rayons UVA sont accusés d’endommager l’ADN des cellules de la peau, augmentant le risque de mutations cancéreuses. Si la mode du vernis semi-permanent n’est pas près de disparaître, la réglementation impose désormais une vigilance accrue : non seulement sur les substances contenues dans les produits, mais aussi sur les méthodes de séchage utilisées dans les instituts. À partir du 1er septembre, les professionnels du secteur devront s’adapter, au risque de voir leurs pratiques considérées comme illégales.

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