La révélation par Justin Timberlake, fin juillet, de son infection par la maladie de Lyme a remis en lumière une pathologie transmise par les tiques qui toucherait déjà 14 % de la population mondiale. Malgré cette prévalence, elle reste souvent mal diagnostiquée, ses symptômes variés échappant encore à de nombreux médecins.
Une infection complexe et sous-estimée
La maladie de Lyme est causée par une bactérie du groupe Borrelia burgdorferi, transmise lors de la morsure d’une tique infectée. Cette bactérie peut s’attaquer à différents tissus : cerveau, articulations, muscles, système nerveux, vessie ou intestin. Non traitée rapidement, elle entraîne des complications sévères et durables. Le seul signe vraiment caractéristique est l’érythème migrant, une rougeur circulaire qui s’élargit autour de la piqûre. D’autres symptômes, fièvre, frissons, fatigue, maux de tête, peuvent survenir, parfois suivis, à un stade plus avancé, de douleurs articulaires, troubles cognitifs ou atteintes nerveuses. En France, toutes les tiques ne sont pas infectées : la proportion varie de 0 à 20 %. Santé publique France estime que 50 000 à 70 000 personnes sont piquées chaque année. Mais le caractère non spécifique des symptômes retarde souvent le diagnostic, augmentant le risque de formes chroniques invalidantes.
Changements climatiques et expansion de la maladie
Le réchauffement climatique, en allongeant les étés et en adoucissant les hivers, favorise la survie et la reproduction des tiques. Celles-ci s’installent désormais dans des zones auparavant inhospitalières et prolongent leur période d’activité, accroissant les risques de transmission. La multiplication des hôtes naturels – rongeurs, oiseaux, cervidés – contribue également à leur propagation. Un traitement antibiotique précoce de deux à quatre semaines permet généralement une guérison complète. Mais dans les formes tardives, la récupération est plus lente et certaines lésions peuvent être irréversibles. Les recherches en cours laissent toutefois espérer de nouveaux progrès dans la prise en charge de cette infection appelée à concerner de plus en plus de régions dans les années à venir.