GENÈVE – Confrontée à des tensions financières croissantes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté mardi un budget révisé de 4,2 milliards de dollars pour les deux prochaines années, lors de son assemblée annuelle à Genève. Ce nouveau budget reflète une réduction significative des ressources disponibles, conséquence directe de l’annonce du retrait des États-Unis, principal contributeur de l’agence onusienne.
Le budget approuvé pour 2025-2027 représente une baisse de 21 % par rapport aux prévisions initiales. Cette révision budgétaire a été décidée plus tôt cette année, dans l’attente de la sortie officielle des États-Unis de l’organisation, prévue pour janvier 2026, conformément à l’annonce faite par le président Donald Trump au début de son second mandat.
Les États-Unis ont historiquement représenté la plus grande part du financement volontaire de l’OMS, contribuant à des programmes clés allant de la lutte contre les maladies infectieuses à la vaccination infantile dans les pays en développement. Leur retrait marque un tournant majeur et place l’organisation devant de nouveaux défis de financement.
« Cette décision budgétaire difficile mais nécessaire assure que l’OMS reste fonctionnelle et efficace malgré les incertitudes financières à venir », a déclaré un porte-parole de l’organisation. Les États membres ont exprimé leur soutien au budget révisé, tout en soulignant l’urgence de diversifier les sources de financement et d’accroître les contributions obligatoires pour garantir l’indépendance de l’organisation.
La directrice financière de l’OMS a indiqué que l’agence mettrait en œuvre des mesures d’austérité dans tous les secteurs et réévaluerait certaines de ses priorités afin de continuer à remplir son mandat essentiel de santé publique mondiale. Une attention particulière sera portée à la poursuite des efforts en matière de couverture sanitaire universelle, de réponse aux épidémies et de préparation aux pandémies.
Des discussions ont également été engagées avec d’autres pays donateurs pour combler en partie le déficit laissé par Washington. L’Union européenne, le Japon et la Chine figurent parmi les partenaires sollicités pour intensifier leur soutien financier.
Malgré les tensions, plusieurs diplomates ont insisté sur la nécessité de préserver la stabilité de l’OMS, considérée comme une pièce maîtresse de la coopération internationale en matière de santé. « Ce n’est pas seulement un enjeu budgétaire, c’est une question de solidarité mondiale », a résumé un représentant européen.