La vaccination infantile mondiale progresse légèrement, mais les menaces persistent
La vaccination infantile mondiale progresse légèrement, mais les menaces persistent

L’année 2024 a marqué une avancée timide mais significative dans la lutte contre les maladies évitables chez les enfants. Selon les données publiées lundi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un million d’enfants supplémentaires ont reçu les trois doses essentielles de vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche par rapport à l’année précédente. Une amélioration bienvenue après les perturbations causées par la pandémie de COVID-19 et ses répercussions prolongées sur les systèmes de santé mondiaux.

Cette hausse porte à environ 84 millions le nombre d’enfants ayant reçu ce schéma vaccinal fondamental en 2024, contre 83 millions en 2023. Ce rebond reste cependant insuffisant pour retrouver les niveaux de couverture de 2019, avant la pandémie, et surtout pour atteindre les objectifs ambitieux fixés dans le cadre du Programme élargi de vaccination de l’OMS.

Les progrès restent inégaux selon les régions. Certains pays, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, continuent d’afficher des taux de couverture alarmants, avec des millions d’enfants non vaccinés ou partiellement protégés. Les agences sanitaires internationales s’inquiètent aussi de la recrudescence de maladies telles que la rougeole et la diphtérie dans des zones où la couverture vaccinale a reculé.

Par ailleurs, les menaces s’accumulent. Le financement international de la vaccination, longtemps porté par des partenariats publics-privés tels que Gavi, l’Alliance du vaccin, fait face à des incertitudes liées à l’instabilité économique mondiale. De plus, l’augmentation des conflits armés et des crises humanitaires complique l’accès aux soins dans plusieurs régions, rendant difficile la tenue des campagnes de vaccination.

Autre facteur préoccupant : la montée de la désinformation sur les vaccins. Diffusées massivement via les réseaux sociaux, des fausses informations et des théories complotistes sur la sécurité et l’efficacité des vaccins alimentent la méfiance de certains parents, même dans des pays à revenu élevé, freinant ainsi la progression des campagnes vaccinales.

L’OMS appelle à une vigilance accrue et à des investissements soutenus pour préserver les acquis des dernières décennies. « Chaque enfant non vacciné est un enfant vulnérable face à des maladies potentiellement mortelles mais évitables », a déclaré un responsable de l’organisation. L’enjeu, selon lui, n’est pas seulement de maintenir la dynamique, mais de la renforcer face à des menaces de plus en plus nombreuses et complexes.

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