Il relie Parkinson aux pesticides : le plaidoyer d’un malade qui vit avec depuis 13 ans 
Il relie Parkinson aux pesticides : le plaidoyer d’un malade qui vit avec depuis 13 ans 

À l’occasion de la journée mondiale de Parkinson, ce vendredi 11 avril, Thomas Loury, ingénieur agronome diagnostiqué à 39 ans, alerte sur le lien possible entre les pesticides et sa maladie. Un témoignage poignant, et une interpellation adressée à l’État.

« Une maladie peut-être pas si hasardeuse »

« J’ai 52 ans, et j’ai reçu le diagnostic de la maladie de Parkinson alors que je n’en avais que 39. Depuis treize ans, je vis avec cet hôte indésirable. » Thomas Loury ne cherche pas la pitié, mais la lucidité. Il ne dit pas que les pesticides sont responsables, mais il s’interroge : « Parkinson frappe peut-être au hasard, peut-être pas. » Le malade devenu lanceur d’alerte évoque l’exposition prolongée aux produits phytosanitaires dans le cadre de son travail, et rappelle que les risques pour les riverains et les agriculteurs sont connus, bien que trop souvent ignorés. Glyphosate, néonicotinoïdes… des noms bien connus dont l’usage reste autorisé, malgré les soupçons.

« Il faut chercher, et vite »

Ce qu’il réclame n’est pas un procès, mais une démarche : « J’ai le droit de me lever pour demander à l’État d’engager des études épidémiologiques », écrit-il. Face à une pathologie incurable, qui n’a pas de remède et dont on ne sait ralentir la progression, il demande l’application stricte du principe de précaution. « On discutera ensuite », insiste-t-il. Son appel vise à protéger les générations futures, à ne pas sacrifier la santé publique sur l’autel de la rentabilité agricole. « Ne pas perdre à soigner les malades ce que l’on gagnera peut-être à produire plus en utilisant ces poisons lents et sournois que sont les pesticides : voilà l’enjeu. » Un plaidoyer sobre et puissant, qui replace l’humain au cœur d’un débat souvent confisqué.

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