Le chiffre laisse perplexe : à peine un soignant sur cinq est vacciné contre la grippe dans les hôpitaux français. Yannick Neuder, ministre délégué à la Santé, n’en revient pas. Chez nos confrères de franceinfo, il a dénoncé ce 31 juillet une situation « folle », appelant les professionnels à « montrer l’exemple » dans un contexte de regain de pathologies infectieuses. Dans le pays de Pasteur, cette défiance vaccinale interpelle au plus haut niveau. Pour le ministre, cette désaffection traduit un malaise profond autour de la vaccination, nécessitant « énormément de pédagogie ». Et les chiffres sont là pour étayer le propos : alors que la grippe frappe chaque hiver des milliers de patients fragiles, seuls 20 % des soignants hospitaliers se protègent par le vaccin.
Une défiance préoccupante dans un climat de recrudescence sanitaire
Yannick Neuder rappelle que les pathologies infectieuses, loin d’avoir disparu, connaissent une résurgence inquiétante. Il cite notamment l’épidémie de rougeole qui sévit au Maroc, ou encore les plus de soixante décès liés à la méningite recensés récemment en France. À ses yeux, cette dynamique impose une mobilisation exemplaire du personnel de santé. Il insiste : voir un soignant vacciné rassure le patient. À l’inverse, un professionnel non protégé fragilise la confiance et multiplie les risques, notamment dans des lieux de soin déjà sous tension.
Vers une obligation vaccinale en Ehpad ?
Sur un autre front, celui des Ehpad, la question d’une obligation vaccinale pour les résidents est désormais sur la table. Si la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, pousse cette mesure, Yannick Neuder se montre plus mesuré. Le taux de couverture est déjà élevé (environ 85 %), et le gain potentiel d’une obligation reste, selon lui, à démontrer. Il n’en demeure pas moins que les personnes âgées en institution représentent une population particulièrement vulnérable, vivant en collectivité et souvent atteinte de comorbidités. Pour le ministre, la priorité reste donc la prévention et l’incitation. À l’heure où les épidémies refont surface, l’exemplarité des soignants semble plus que jamais un impératif sanitaire. Reste à savoir si l’appel du ministre sera entendu dans les couloirs des hôpitaux.