L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un cri d’alarme face à la situation sanitaire dramatique dans la bande de Gaza, en qualifiant l’hôpital Nasser, situé à Khan Younis dans le sud du territoire, de « gigantesque service de traumatologie ». Ce constat intervient alors que le conflit entre Israël et le Hamas continue de faire des ravages parmi les civils, notamment lors des distributions d’aide humanitaire.
Selon les Nations unies, 613 personnes ont été tuées à Gaza dans des sites de distribution d’aide ou à proximité immédiate de convois humanitaires depuis le début des combats. Ces chiffres accablants incluent des civils venus chercher de la nourriture ou des soins, souvent pris entre les lignes de front ou exposés à des tirs. Des médecins présents sur place ont notamment rapporté qu’un Palestinien avait été blessé par balles vendredi alors qu’il tentait d’accéder à une distribution d’aide.
L’OMS, dont les équipes se sont rendues à l’hôpital Nasser, décrit une scène de chaos médical, où les couloirs et les chambres sont envahis de blessés graves, beaucoup d’entre eux des enfants et des adolescents. « Nous avons vu de jeunes garçons touchés par balle à la tête et à la poitrine », a déclaré un représentant de l’organisation. L’hôpital, qui fonctionne avec des ressources médicales extrêmement limitées, est submergé par l’afflux incessant de patients blessés dans les combats ou lors d’incidents liés à la distribution d’aide.
Face à ces accusations, les États-Unis et Israël ont exprimé des doutes sur les chiffres avancés par les Nations unies. Une fondation humanitaire soutenant les opérations israéliennes dans la région a formellement contesté le nombre de victimes mentionné, affirmant que ces données étaient « exagérées et non vérifiées ». Toutefois, les agences humanitaires et les personnels médicaux sur le terrain insistent sur la gravité de la situation et dénoncent une catastrophe humanitaire en cours.
Le sud de la bande de Gaza, où se situe l’hôpital Nasser, accueille désormais des dizaines de milliers de déplacés ayant fui les combats dans d’autres régions. Les infrastructures médicales, déjà endommagées ou en pénurie chronique, peinent à répondre aux besoins croissants de la population. L’OMS appelle à un accès sécurisé et durable à l’aide humanitaire, ainsi qu’à la protection stricte des installations médicales conformément au droit international humanitaire.
Alors que les hostilités se poursuivent, les hôpitaux de Gaza deviennent les témoins directs de la violence du conflit et de l’effondrement des structures de soins. Pour les médecins du Nasser, chaque jour est un défi pour sauver des vies dans des conditions qu’ils qualifient d’apocalyptiques.