Ce qui devait être une séance de récupération par le froid s’est transformé en tragédie. Lundi après-midi, dans une salle de sport située boulevard Voltaire, un employé est décédé et une cliente a été hospitalisée en urgence absolue à la suite d’une fuite d’azote survenue dans une machine de cryothérapie. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de ce dysfonctionnement fatal.
Une cuve réparée le matin, un drame l’après-midi
C’est dans l’établissement On Air, bien connu des sportifs du XIe arrondissement, que l’accident s’est produit. D’après les premiers éléments recueillis sur place, la fuite proviendrait d’une cuve de cryothérapie récemment réparée dans la matinée. Quelques heures plus tard, l’azote s’est échappé dans une pièce vraisemblablement mal ventilée, saturant l’air ambiant sans alerte perceptible. Le gaz, incolore, inodore et inerte, n’irrite pas, ne pique pas, ne brûle pas. Il remplace simplement l’oxygène, silencieusement. Lorsque l’air devient irrespirable, il est déjà trop tard. L’employé a perdu connaissance sur place. Il n’a pas pu être réanimé. La cliente, retrouvée inconsciente, a été transportée à l’hôpital avec un pronostic vital engagé.
Un procédé à hauts risques
La cryothérapie repose sur l’usage d’azote liquide à très basse température, généralement autour de -196°C. Si l’équipement n’est pas parfaitement étanche ou si la ventilation est insuffisante, l’azote s’évapore et remplit rapidement l’espace. L’hypoxie qui en résulte – cette privation brutale d’oxygène – agit en quelques secondes. Sans réaction immédiate, elle peut s’avérer mortelle. Les pompiers et la police ont rapidement sécurisé le périmètre et procédé aux premières constatations. Le parquet a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les responsabilités éventuelles : défaillance technique, erreur humaine, négligence dans l’entretien des machines… autant de pistes que devront explorer les experts. En attendant, la salle de sport est fermée jusqu’à nouvel ordre.