Minimisation de la douleur, soins imposés, refus de rendez-vous : dans un rapport publié mardi 6 mai, la Défenseure des droits dénonce des discriminations persistantes dans l’accès aux soins. Les femmes, les personnes perçues comme étrangères, en situation de handicap ou en grande précarité font l’objet de traitements inéquitables, parfois dès la prise de contact avec un professionnel de santé.
Les plus faibles en pâtissent
En théorie, les médecins n’ont pas le droit de refuser un patient, sauf motif légitime : surcharge d’activité, comportement agressif ou demande sortant de leur domaine de compétence. Mais dans les faits, cette règle souffre de nombreuses exceptions. Les bénéficiaires de la CMU, de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État rencontrent des difficultés régulières pour obtenir des rendez-vous. Le rapport met en lumière un phénomène particulièrement préoccupant : la sous-évaluation de la douleur exprimée par certaines femmes, notamment jeunes et perçues comme d’origine étrangère.
Refus de soins, actes non consentis, renoncements
L’institution dénonce la persistance du « syndrome méditerranéen », stéréotype raciste consistant à croire que les patients nord-africains ou noirs exagèrent leurs symptômes. Ces idées reçues peuvent entraîner des retards de diagnostic et des prises en charge inadaptées. Les personnes vivant à la rue ou les usagers de drogues sont aussi confrontés à des refus d’accès aux urgences, parfois pour des raisons liées à leur apparence ou leur odeur. Les personnes handicapées, elles, se heurtent à des obstacles logistiques (