Dépistage des cancers : de fortes inégalités sociales persistent, selon la Drees
Dépistage des cancers : de fortes inégalités sociales persistent, selon la Drees

Les personnes les plus modestes recourent nettement moins aux dépistages des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus que les plus favorisées, malgré l’existence de programmes nationaux pris en charge par l’Assurance maladie, selon une étude publiée jeudi par la Drees. L’analyse, qui porte sur la période 2017-2020, met en évidence des écarts pouvant aller du simple au double selon le niveau de vie.

Pour le cancer colorectal, le dépistage organisé chez les 50-74 ans concerne 31 % des 10 % les plus aisés, contre 16 % des 10 % les plus modestes. Concernant le cancer du sein, la participation, qu’elle soit organisée ou individuelle, progresse régulièrement avec le niveau de revenus, passant de 42 % chez les femmes les plus modestes à 67 % chez les plus aisées. Avant 50 ans, âge d’entrée dans le dépistage organisé, les examens restent également plus fréquents dans les catégories favorisées.

Des freins au-delà de la question financière

Pour le cancer du col de l’utérus, les femmes les plus aisées ont recours au dépistage organisé 1,6 fois plus souvent que les plus modestes. Les écarts sont aussi marqués pour la vaccination contre le papillomavirus : à 16 ans, les adolescentes issues des foyers les plus aisés sont 1,8 fois plus nombreuses à disposer d’un schéma vaccinal complet.

La Drees souligne que ces disparités ne s’expliquent pas uniquement par des obstacles financiers. Les auteurs évoquent également un moindre accès à l’information, une distance plus grande vis-à-vis des professionnels de santé ou des représentations défavorables des examens. Les personnes en situation de handicap ou souffrant de troubles psychiques peuvent rencontrer des difficultés supplémentaires, ce qui conduit l’étude à appeler à des actions ciblées en direction des publics les plus éloignés de la prévention.

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