Au moins 652 enfants sont décédés de malnutrition au cours des six derniers mois dans l’État de Bauchi, au nord-est du Nigeria, a révélé vendredi Médecins sans frontières (MSF), pointant du doigt une crise nutritionnelle aiguë aggravée par la baisse du soutien international. L’organisation humanitaire tire la sonnette d’alarme face à une situation qu’elle qualifie de catastrophique.
MSF a précisé que ses équipes médicales ont traité plus de 13 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère depuis janvier 2025 dans l’État de Bauchi, dont de nombreux cas critiques nécessitant une hospitalisation. Ces décès surviennent alors que l’aide alimentaire, notamment celle de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), a été considérablement réduite, entraînant la stagnation de stocks alimentaires essentiels dans les entrepôts.
« Nous sommes confrontés à une urgence silencieuse. La plupart des décès auraient pu être évités avec une réponse rapide et coordonnée », a déclaré MSF dans un communiqué. L’organisation évoque également des centres de santé débordés, des médicaments en rupture de stock, et des mères contraintes d’attendre des heures pour que leurs enfants puissent être examinés.
Dans certains centres de soins, les enfants partagent des lits, et les unités de nutrition thérapeutique n’ont plus les moyens de répondre à l’afflux massif de patients. MSF appelle les autorités nigérianes et les bailleurs de fonds internationaux à agir d’urgence pour rétablir les financements et déployer des ressources humanitaires adaptées.
La malnutrition infantile est une menace récurrente au Nigeria, notamment dans les régions du nord régulièrement frappées par les conflits, les déplacements massifs et l’insécurité alimentaire. Mais cette dernière vague, selon MSF, atteint un niveau de gravité rarement observé ces dernières années.