Le scénario se répète. Alors que le SARS-CoV-2 circule de plus en plus activement depuis la fin de l’été, la campagne de vaccination, fixée au 14 octobre pour coïncider avec celle de la grippe, risque d’arriver trop tard. Les chiffres de Santé publique France publiés mercredi confirment une nette accélération de la transmission. Pourtant, le calendrier officiel n’a pas bougé. Plusieurs virologues et infectiologues alertent : attendre la mi-octobre pourrait signifier vacciner après le pic épidémique. « En termes de communication, lancer une campagne quand l’épidémie redescend, c’est dramatique », insiste Bruno Lina, directeur du Centre national de référence à Lyon. Avec des vaccins à ARN messager dont la protection diminue rapidement, le timing est crucial.
Un pari risqué sur le calendrier
L’idée de coupler grippe et Covid avait un avantage logistique évident : un rendez-vous, deux injections. Mais le rythme saisonnier des deux virus diverge. Le Covid flambe dès septembre, quand la grippe n’apparaît vraiment qu’en hiver. Pour Odile Launay, infectiologue, une injection en septembre aurait permis de rehausser l’immunité au moment où les contaminations explosent. Au ministère de la Santé, on se garde d’annoncer tout changement, évoquant un possible ajustement « si une transmission importante » est confirmée fin septembre. En 2023, la campagne avait été avancée de deux semaines face à un nouveau variant, et le Royaume-Uni avait même lancé la sienne dès le 11 septembre.
Un défi de confiance et de logistique
Le problème n’est pas que médical. L’adhésion reste faible : seulement 20 % des plus de 65 ans avaient accepté une dose l’an dernier. Convaincre les publics fragiles d’une vaccination annuelle contre le Covid reste un casse-tête. « Une communication claire est indispensable », insiste Odile Launay, pour rappeler l’intérêt du rappel, en particulier contre les formes graves. Sur le plan logistique, les nouvelles doses adaptées au variant Omicron LP.8.1 doivent être commandées dès le 22 septembre et livrées à partir du 2 octobre. Techniquement, rien n’empêche donc d’avancer le top départ. Pour l’heure, le gouvernement s’en tient à son calendrier initial. Mais si le pic est bel et bien franchi avant le 14 octobre, la campagne vaccinale risque de manquer une fois de plus sa cible.