Deux semaines après le début de la vague d’intoxications alimentaires dans l’Aisne, les autorités sanitaires ont confirmé ce mercredi un lien biologique formel entre des prélèvements de viande et les cas de contamination. La bactérie Escherichia coli a été identifiée à la fois chez les malades et dans des échantillons issus de plusieurs boucheries locales, validant ainsi la principale hypothèse évoquée dès les premières investigations.
Des enfants parmi les principales victimes
Le bilan reste lourd : trente personnes ont été intoxiquées, dont vingt-neuf enfants – certains âgés de moins de trois ans – et une personne âgée. Une fillette de 11 ans a succombé à l’infection à la mi-juin. Si plus aucun patient n’est sous dialyse, quatre restent encore hospitalisés. Selon la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, les souches de la bactérie retrouvées chez les patients correspondent exactement à celles identifiées dans les échantillons de viande prélevés. Les autorités parlent désormais d’un « lien biologique formel » entre les cas d’intoxication et certains points de vente. Sur les cinq commerces fermés par décision administrative, quatre boucheries de ville et un supermarché restent à l’arrêt. Le stand boucherie d’un Intermarché voisin de Saint-Quentin, un temps suspecté, a quant à lui été disculpé.
Précautions renforcées et enquêtes en cours
Face au risque sanitaire, l’ARS recommande aux consommateurs d’éliminer sans délai toute viande congelée achetée dans l’un des établissements visés, rappelant que la congélation ne neutralise pas la bactérie E. coli. L’agence conseille également de nettoyer en profondeur les réfrigérateurs où ces produits auraient pu être conservés. Parallèlement, deux enquêtes sont en cours : l’une épidémiologique, menée par les services sanitaires, l’autre judiciaire, placée sous l’autorité du pôle de santé publique du parquet de Paris. L’objectif est d’identifier la chaîne exacte de contamination, depuis les fournisseurs jusqu’aux détaillants. Si des manquements à la réglementation sont confirmés, des poursuites pénales pourraient être engagées contre certains acteurs de la filière. Le drame survenu à Saint-Quentin ravive les interrogations sur le contrôle de la sécurité alimentaire dans les circuits de distribution de proximité et relance le débat sur la prévention des risques sanitaires, notamment en période estivale.