La France compte aujourd’hui huit millions de fumeurs quotidiens, contre douze millions il y a dix ans. Selon le dernier baromètre publié par Santé publique France, à peine 18 % des adultes âgés de 18 à 79 ans déclarent fumer chaque jour. Une baisse spectaculaire qui marque une victoire historique pour la santé publique.
Une décennie de déclin amorcée en 2015
La tendance s’est engagée il y a près de dix ans, avant de se stabiliser pendant la pandémie de Covid-19. Depuis trois ans, la courbe est repartie à la baisse, confirmant un recul durable du tabagisme. Dans les régions françaises, les disparités sont nettes : la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes comptent le moins de fumeurs, tandis que les régions frontalières comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie et le Grand Est enregistrent encore une forte consommation, liée au prix plus bas du tabac dans les pays voisins. Si la cigarette recule, le vapotage progresse. Beaucoup de fumeurs ont troqué leur paquet contre une e-cigarette, un phénomène dont l’ampleur sera précisée par de nouvelles statistiques attendues d’ici la fin de l’année. En parallèle, plus de la moitié des fumeurs quotidiens disent vouloir arrêter, et les ventes d’aides au sevrage (patchs, gommes, substituts) ont bondi de 10 % en un an.
Des inégalités sociales persistantes face à la cigarette
Cette embellie ne masque pas les fractures sociales. Caroline Semaille, directrice de Santé publique France, souligne que la proportion de fumeurs quotidiens reste deux fois plus élevée chez les ouvriers (25 %) que chez les cadres (12 %). « Il faut absolument renforcer la prévention et l’accompagnement dans les catégories les plus exposées », insiste-t-elle. En moyenne, un fumeur quotidien consomme encore 13 cigarettes par jour. Et si les effets positifs de cette baisse sur la mortalité ne se feront sentir que dans plusieurs années, Santé publique France y voit déjà une victoire sanitaire majeure. La 10ᵉ édition du « Mois sans tabac », qui débutera dans deux semaines, rassemble déjà plus de 40 000 inscrits. L’agence rappelle que chaque tentative, même infructueuse, rapproche du succès : une cigarette de moins aujourd’hui, c’est souvent un jour sans tabac demain.