Orléans : le maire dénonce une démoustication « dangereuse pour la biodiversité »@wikipedia commons
Orléans : le maire dénonce une démoustication « dangereuse pour la biodiversité »@wikipedia commons

Jamais la métropole n’avait connu une telle flambée. Depuis le début de l’été, 301 cas autochtones de chikungunya ont été recensés dans 34 foyers distincts, selon Santé publique France. Un niveau record qui illustre l’ancrage du moustique tigre sur le territoire et la vulnérabilité croissante face aux virus tropicaux.

Des foyers précoces et dispersés

Le phénomène s’explique en partie par l’épidémie massive qui a frappé La Réunion et l’océan Indien, alimentant l’arrivée de cas importés en métropole. Ces derniers ont servi de déclencheurs aux transmissions locales, portées par le moustique tigre. Résultat : l’été 2025 a vu se multiplier des foyers de chikungunya dans les régions habituelles (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes), mais aussi, pour la première fois, dans le Grand Est, en Nouvelle-Aquitaine et en Bourgogne-Franche-Comté. Les autorités sanitaires redoutent désormais des contaminations secondaires liées au retour des vacanciers, alors que plusieurs zones touristiques du sud restent actives. La dengue, autre virus transmis par le moustique tigre, a généré dix foyers pour un total de 19 cas, loin toutefois du record de 2024.

Un climat favorable à la prolifération des moustiques

L’expansion de ces maladies est inséparable du réchauffement climatique et de la progression continue de l’Aedes albopictus, aujourd’hui implanté presque partout en métropole. À ces risques s’ajoute la fièvre West Nile, transmise par le moustique Culex, plus commun. Vingt cas autochtones ont déjà été signalés cette saison, avec une extension au-delà de l’arc méditerranéen : l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes sont désormais concernées. La multiplication des foyers, leur apparition précoce et leur diffusion vers des zones jusque-là épargnées rappellent que la carte sanitaire française se redessine. Le moustique tigre n’est plus un invité saisonnier du sud, mais un acteur installé, transformant chaque été en saison à risques.

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