Chikungunya à La Réunion : l’armée en renfort face à une épidémie explosive
Chikungunya à La Réunion : l’armée en renfort face à une épidémie explosive

À La Réunion, l’alerte est maximale. Confrontée à une flambée sans précédent du chikungunya, l’île a vu débarquer en renfort 120 militaires. Leur mission : freiner la propagation du virus transmis par les moustiques, qui a déjà infecté 100 000 personnes depuis janvier 2025, causé deux décès et laissé une quarantaine de patients dans un état grave, selon les chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS).

Une lutte au sol, mètre par mètre

Oubliez les uniformes rutilants : ici, les soldats s’arment de pelles, de gants et d’huile de coude. Déployés par le régiment du service militaire adapté (RSMA) de Mayotte et La Réunion, ils traquent les eaux stagnantes dans les cours, les jardins, les zones industrielles. “On a trouvé des petites tonnelles, un peu de tout, des déchets, des canettes, tout ce qui fait des contenants. Il faut les évacuer rapidement”, explique le caporal-chef Allane. Chaque flaque, chaque fond de bouteille devient un potentiel incubateur pour le moustique vecteur du virus. La population, elle, regarde ces opérations d’un bon œil. Car le chikungunya, bien qu’enduré par la population en 2005, revient cette fois-ci avec une virulence accrue. Fièvre brutale, douleurs articulaires intenses, fatigue persistante : les symptômes frappent fort, parfois durablement. Et chez les enfants et les nouveau-nés, les formes sévères inquiètent particulièrement les soignants.

Urgences saturées, vaccination renforcée

Les couloirs du CHU débordent. Le nombre de passages aux urgences explose, les temps d’attente s’allongent, et les soignants peinent à suivre. En réponse, 50 000 doses de vaccin sont attendues d’ici la fin avril, pour renforcer la couverture vaccinale et tenter de casser la chaîne de contamination. Mais l’épidémie est loin d’être maîtrisée. Et le renfort militaire, s’il constitue une réponse d’urgence bienvenue, illustre aussi l’ampleur de la crise sanitaire qui frappe l’île. Car au-delà des chiffres, c’est toute une population qui revit, 20 ans plus tard, le cauchemar d’un virus que l’on croyait tenir à distance.

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