Canicule : les tout-petits sont oubliés des protocoles officiels malgré les alertes sanitaires
Canicule : les tout-petits sont oubliés des protocoles officiels malgré les alertes sanitaires

Alors que la France suffoque sous une vague de chaleur exceptionnelle, avec 84 départements en vigilance orange et 16 en vigilance rouge ce mardi 1er juillet, les mesures de protection peinent à suivre dans les crèches, les micro-crèches et chez les assistants maternels. Tandis que des centaines d’écoles ferment partiellement ou totalement, les structures de la petite enfance, pourtant confrontées à un public encore plus fragile, semblent laissées pour compte. Les professionnels du secteur alertent sur une situation intenable : températures dépassant 35 °C dans des locaux inadaptés, absence de climatisation, systèmes de ventilation artisanaux, personnel épuisé, parfois pris à partie par les familles. Malgré les alertes répétées, aucune consigne nationale claire ne prévoit la fermeture temporaire de ces établissements, même en cas de vigilance rouge Météo France.

Des obligations générales mais aucune réponse spécifique aux jeunes enfants

Depuis le 1er juillet, un décret impose pourtant de nouvelles obligations à tous les employeurs, y compris dans les structures accueillant de jeunes enfants. Il s’agit notamment d’évaluer les risques liés à la chaleur dans le document unique (DUERP), d’adapter les horaires, de suspendre les tâches pénibles aux heures les plus chaudes, d’assurer une température supportable dans les locaux, et de prévoir une procédure d’urgence en cas de malaise ou coup de chaleur. Mais dans les faits, aucune température maximale n’est fixée dans la réglementation. Et aucun seuil spécifique ne prend en compte la vulnérabilité particulière des tout-petits ou des personnels de la petite enfance. Résultat : les gestionnaires, souvent laissés seuls face aux arbitrages, naviguent entre bricolage, improvisation et responsabilités accrues.

Est-ce un oubli ou une négligence ?

La présidente du Comité de filière petite enfance, Élisabeth Laithier, regrette l’absence de réponse à la hauteur de l’enjeu. « Un nourrisson, en période de canicule, c’est un corps encore incapable de réguler sa température », rappelle-t-elle. Elle plaide pour des consignes claires, applicables et soutenues par des moyens concrets. Du côté des autorités, la Direction générale de la cohésion sociale estime que « les consignes sont déjà connues ». Une réponse jugée insuffisante par les syndicats, comme le SNPPE, qui souligne que la réalité de terrain dépasse désormais les recommandations génériques. Pour eux, il est urgent de sortir la petite enfance de l’angle mort des politiques climatiques, avant qu’un coup de chaud ne tourne à la catastrophe.

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