Une vaste étude française vient de démontrer que l’ajout d’une chimiothérapie à l’hormonothérapie ne procure pas de bénéfice significatif en matière de survie pour les femmes de plus de 70 ans atteintes d’un cancer du sein hormonosensible. Ce type de tumeur, majoritaire à cet âge, est habituellement traité selon des protocoles établis à partir d’essais cliniques incluant très peu de patientes âgées. Menée pendant plus de dix ans dans 84 centres en France et en Belgique, l’étude Aster 70s a recruté 1 089 femmes âgées de 70 à 92 ans présentant un risque élevé de récidive d’après l’analyse génétique de leur tumeur. Elles ont été réparties aléatoirement entre un groupe recevant chimiothérapie suivie d’hormonothérapie et un autre recevant uniquement l’hormonothérapie.
Des résultats sans différence notable mais avec plus d’effets secondaires
Après quatre ans, la survie globale atteignait 90,5 % avec chimiothérapie contre 89,3 % sans. Huit ans plus tard, les taux étaient de 72,7 % contre 68,3 %, un écart jugé non significatif. En revanche, la toxicité du traitement était nettement plus marquée chez les patientes ayant reçu la chimiothérapie, avec davantage d’effets secondaires sévères et une détérioration plus importante de la qualité de vie. Les chercheurs soulignent l’importance d’adapter les décisions thérapeutiques à l’âge et à l’état général, rappelant qu’un bénéfice potentiel à long terme n’a pas le même poids pour une patiente de 75 ans que pour une femme beaucoup plus jeune. Près de la moitié des participantes sont décédées d’une autre cause que leur cancer du sein pendant l’essai. Pour les auteurs, ces données doivent inciter les médecins à proposer des stratégies plus personnalisées aux patientes âgées, en tenant compte de leur espérance de vie, de leur état de santé global et de leurs préférences.