C’est une confirmation attendue par les pédiatres, les parents et les soignants. Le traitement Beyfortus, souvent désigné à tort comme un vaccin contre la bronchiolite, s’avère redoutablement efficace pour protéger les nourrissons des formes graves de cette infection respiratoire. Une méta-analyse d’envergure publiée ce vendredi 2 mai dans The Lancet Child & Adolescent Health révèle une réduction de 83 % du risque d’hospitalisation pour les enfants de moins d’un an. Un résultat qui relance le débat sur son faible taux de remboursement. Le Beyfortus, ou nirsevimab, n’est pas un vaccin au sens classique : il n’entraîne pas la production d’anticorps par l’organisme, mais les fournit directement. Résultat : le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable de la bronchiolite, est empêché d’agir. L’étude, qui agrège les données de 27 enquêtes menées en France, Italie, Espagne, Luxembourg et États-Unis lors de la saison 2023-2024, confirme son efficacité exceptionnelle : –83 % d’hospitalisations, –81 % d’admissions en réanimation, –75 % de cas graves affectant les voies respiratoires.
Un succès scientifique, un accès encore restreint
Plus frappant encore : le traitement protège mieux les nourrissons de plus de trois mois (81 %) que ceux plus jeunes (76 %). Un détail qui alimente déjà les discussions sur la meilleure stratégie de déploiement. Mais malgré ces résultats, le Beyfortus reste difficile d’accès. Disponible au compte-gouttes, souvent sur liste d’attente, il souffre aussi d’un remboursement très partiel — seulement 30 % pris en charge, le reste étant à la charge des mutuelles ou des familles. En comparaison, la vaccination contre la rougeole est intégralement remboursée, et la plupart des vaccins infantiles à 65 %. L’argument ? La Haute Autorité de Santé jugeait l’an passé le « service médical rendu » du Beyfortus comme modéré, faute de données solides. Or, cette nouvelle étude balaie cette réserve : elle documente précisément les effets sur les hospitalisations et les services de soins intensifs. La question est désormais politique autant que médicale : l’État maintiendra-t-il une prise en charge limitée d’un traitement qui peut, chiffres à l’appui, désengorger les urgences pédiatriques ?