De récentes données sanitaires révèlent qu’aux États-Unis, un enfant sur 31 âgé de huit ans est atteint de troubles du spectre autistique, soit un taux de 3,2 %. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la prévalence est de 1 %, contre 0,62 % en 2012. De nombreux pays manquent cependant des ressources nécessaires pour diagnostiquer et déclarer ces cas.
Cette hausse soulève des questions : pourquoi les taux d’autisme augmentent-ils dans le monde ?
Les causes connues de l’autisme
Selon la Dre Rose Marie Boustany, spécialiste en neurologie et en génétique pédiatrique au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth, plusieurs facteurs sont identifiés :
Ces dix dernières années, 1 500 gènes impliqués dans l’autisme ont été découverts, dont trois spécifiques à la population libanaise.
Le mariage consanguin est un facteur de risque important. Même entre personnes issues de confessions différentes, des liens de parenté anciens peuvent exister.
L’histoire et la géographie familiale jouent un rôle important dans l’explication des taux plus élevés d’autisme dans certaines régions.
Les naissances prématurées, les complications pendant la grossesse, les infections ou les hémorragies augmentent également le risque de développer des troubles autistiques.
Pourquoi observe-t-on une augmentation des cas ?
La Dre Boustany précise que cette augmentation n’est pas uniquement due à une hausse réelle des cas, mais surtout à :
Une meilleure sensibilisation du public et des professionnels de santé.
Un dépistage plus précoce grâce à la vigilance accrue des parents et des enseignants.
L’augmentation du nombre de spécialistes en génétique, facilitant le diagnostic.
De meilleurs soins obstétriques permettent à davantage d’enfants à risque de survivre, augmentant ainsi le nombre d’enfants diagnostiqués.
Les vaccins augmentent-ils le risque d’autisme ?
La Dre Boustany réfute catégoriquement ce mythe :
Une vaste étude menée aux États-Unis sur 35 000 cas n’a trouvé aucune preuve d’un lien entre vaccins et autisme.
En revanche, l’abandon de la vaccination a provoqué une augmentation importante des décès liés à la rougeole, notamment au Royaume-Uni.
Le mode de vie ou l’environnement sont-ils en cause ?
Il n’existe aucune preuve que l’environnement ou le mode de vie déclenchent l’autisme.
Cependant :
Les garçons sont quatre fois plus touchés que les filles.
Chez les filles, les signes peuvent être plus discrets, car leur manière de jouer masque les symptômes.
Les hormones pourraient aussi jouer un rôle protecteur chez les filles.
Que faire si des signes apparaissent chez un enfant ?
La Dre Boustany recommande :
Consulter rapidement un spécialiste en neurologie pédiatrique en cas de troubles du langage, de mouvements répétitifs, de rigidité comportementale ou de problème de contact visuel.
Commencer tôt l’orthophonie et la thérapie psychomotrice pour de meilleurs résultats.
Intégrer précocement l’enfant dans une crèche pour favoriser son interaction sociale.
Elle précise que même avec une intervention précoce, la réponse au traitement varie selon les enfants. Certains présentent un haut niveau de progrès, d’autres moins, notamment en fonction de leur quotient intellectuel. Notons que certains enfants autistes possèdent des niveaux d’intelligence exceptionnellement élevés.
Quels sont les signes les plus clairs de l’autisme ?
L’enfant commence à parler, puis arrête brusquement.
Difficultés dans les interactions sociales.
Absence d’attachement fort à la mère dans les environnements nouveaux.
Comportements répétitifs comme battre des mains, faire des allers-retours ou se taper la tête.
À retenir :
Le langage n’est pas l’unique critère pour diagnostiquer l’autisme ; il ne faut pas se focaliser uniquement sur cet aspect.