Leurs ateliers ferment la porte à une partie du parc automobile français. Face au risque d’explosion des airbags Takata, déjà impliqués dans plusieurs accidents mortels dans le monde, plusieurs enseignes comme Speedy, Point S et désormais Norauto ont décidé de ne plus intervenir sur les véhicules concernés. En cause : un danger jugé trop important pour leurs techniciens. Chez Norauto, la règle est claire. Aucun véhicule sous directive « stop drive », soit 1,7 million de voitures, dont 800.000 ajoutées fin juin, ne sera accepté tant que les airbags défectueux n’ont pas été changés. Une preuve de remplacement fournie par le constructeur ou un garage agréé est désormais exigée. L’enseigne évoque une « mesure de sécurité pour protéger les équipes en atelier ». Des exceptions restent toutefois possibles, au cas par cas.
Des réparations strictement encadrées
Pour les 600.000 véhicules sous simple rappel, sans interdiction de circuler, les interventions restent possibles, à condition de ne pas toucher aux éléments en lien direct ou indirect avec l’airbag. Le ministère des Transports a dressé une liste de 200 modèles de 30 marques à risque, recommandant un remplacement gratuit et immédiat des pièces défectueuses. Depuis le 29 juillet, en cas de délai supérieur à 15 jours pour obtenir la pièce, les constructeurs sont tenus de fournir un véhicule de remplacement ou une solution de mobilité alternative, sans frais.
Informer plutôt qu’exclure
Face à la frilosité croissante de certaines grandes enseignes, d’autres professionnels choisissent une approche plus pédagogique. Louis Fournet, garagiste Delko près de Rennes, accepte encore tous les véhicules pour « sensibiliser les clients, souvent inconscients du problème ». Des précautions sont prises, notamment en travaillant depuis le siège passager afin d’éviter l’exposition au volant, principal point de déploiement des airbags. Mais la tendance est bien là : face à un scandale industriel qui n’en finit plus d’éclabousser les constructeurs, le secteur de la réparation commence, lui aussi, à poser ses propres limites.