GAZA – Face à une pénurie critique de carburant, les médecins de Gaza multiplient les efforts désespérés pour maintenir en vie les patients les plus vulnérables. Au centre médical Al Shifa, le plus grand hôpital de la bande de Gaza, les nouveau-nés prématurés sont entassés dans des couveuses communes, une mesure de dernier recours rendue nécessaire par l’effondrement des services de santé après 21 mois de guerre.
Selon le Dr Mohammed Abu Selmia, directeur de l’établissement, il n’est plus rare de voir trois, quatre, voire cinq nourrissons partager une seule couveuse. « Les bébés prématurés sont désormais dans un état très critique », a-t-il confié, décrivant une situation d’urgence médicale aiguë où l’absence d’électricité devient une menace aussi létale que les bombardements.
La crise actuelle est alimentée par une grave pénurie de carburant, indispensable pour faire fonctionner les générateurs d’urgence des hôpitaux. Si un responsable militaire israélien a assuré que 160 000 litres de carburant avaient été autorisés à entrer dans l’enclave palestinienne depuis mercredi, la distribution de cette ressource vitale reste, selon lui, hors de la responsabilité d’Israël.
Mais sur le terrain, les médecins alertent : les hôpitaux sont au bord de la rupture. Certains professionnels de santé affirment même devoir opérer sans électricité. Le Dr Muneer Alboursh, directeur général du ministère de la Santé de Gaza, dénonce un « siège » qui empêche l’arrivée du carburant. « La menace ne vient ni d’une frappe aérienne ni d’un missile, mais d’un blocus », a-t-il déclaré à Reuters. Il déplore une situation où « l’hôpital devient un cimetière silencieux ».
D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 600 attaques contre des établissements de santé ont été enregistrées à Gaza depuis le début du conflit, aggravant encore les conditions de prise en charge. Pendant que les dirigeants israéliens et américains discutaient cette semaine à Washington du sort des otages encore détenus à Gaza, les soignants de l’enclave affirment se battre heure après heure contre une catastrophe humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.