Somnolence et déclin cognitif : les siestes prolongées pourraient annoncer la démence
Somnolence et déclin cognitif : les siestes prolongées pourraient annoncer la démence

Une étude menée par l’Université de Californie à San Francisco révèle un lien inattendu entre l’augmentation des siestes chez les personnes âgées et le risque accru de démence. Suivant plus de 700 femmes âgées en moyenne de 82 ans sur une période de cinq ans, les chercheurs ont observé que la somnolence diurne excessive pourrait constituer un signe avant-coureur du déclin cognitif.

Des siestes plus longues, un risque doublé

Les participantes, toutes initialement exemptes de troubles cognitifs, ont vu leurs habitudes de sommeil mesurées grâce à un actigraphe, un appareil qui enregistre les cycles de repos et d’activité. En cinq ans, la durée moyenne des siestes a augmenté d’une trentaine de minutes par jour, tandis que l’efficacité du sommeil nocturne a diminué de 6 %. Près de la moitié des volontaires ont conservé un sommeil stable, mais plus d’une sur cinq a vu sa somnolence augmenter de manière significative. Les résultats publiés dans la revue Neurology sont frappants : les femmes qui dormaient plus souvent ou plus longtemps dans la journée avaient presque deux fois plus de risques de développer une démence que celles dont le rythme de sommeil restait inchangé. Cette corrélation touche aussi la qualité du repos nocturne : un sommeil fragmenté, avec de longues périodes d’éveil, s’accompagne d’un risque accru de troubles cognitifs.

Un marqueur précoce du déclin cognitif

Les chercheurs restent prudents sur le sens de la relation : les siestes prolongées sont-elles une cause ou une conséquence des lésions cérébrales liées à la démence ? Si la réponse reste incertaine, les scientifiques soulignent que l’évolution du cycle veille-sommeil sur vingt-quatre heures pourrait servir d’indicateur précoce. Cette observation ouvre la voie à de nouveaux outils de prévention. Le suivi des habitudes de sommeil, simple à mettre en œuvre, pourrait permettre d’identifier les personnes à risque et d’intervenir plus tôt. Une meilleure hygiène de vie, la régulation des horaires de repos et la stimulation cognitive figurent parmi les leviers susceptibles de ralentir l’apparition des symptômes. La démence, qui regroupe notamment la maladie d’Alzheimer, touche aujourd’hui près de 57 millions de personnes dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé estime à dix millions le nombre de nouveaux cas chaque année. Face à ce fléau, ces travaux rappellent qu’un simple signe – comme un besoin de siestes répétées – pourrait aider à détecter la maladie bien avant qu’elle ne s’installe.

Que retenir rapidement ?

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