Une étude menée en Chine et publiée dans la revue Scientific Reports vient de révéler une corrélation étonnante entre la consommation de poisson chez les enfants et leur niveau d’empathie. Selon les chercheurs de l’Université de Jinan, les enfants âgés de 7 à 9 ans qui consomment régulièrement du poisson présenteraient un score d’empathie supérieur de 35 à 40 % par rapport à ceux qui n’en mangent pas ou très peu.
Comment le lien a-t-il été établi ?
L’étude, fondée sur l’analyse de questionnaires alimentaires et de tests psychométriques, a permis d’évaluer le comportement émotionnel et social des enfants. Les chercheurs ont utilisé des échelles validées, comme l’Empathy Quotient for Children, afin de mesurer leur capacité à reconnaître les émotions d’autrui, à exprimer de la compassion, ou encore à coopérer. Les résultats montrent que la consommation régulière de poisson est associée à de meilleures compétences sociales et émotionnelles.
Mais pourquoi un tel effet ? L’un des leviers principaux évoqués est la richesse du poisson en acides gras oméga-3, en particulier le DHA (acide docosahexaénoïque), qui joue un rôle crucial dans le développement du cerveau et la régulation de l’humeur.
Les oméga-3, au cœur du développement cérébral
Le DHA, que l’on trouve principalement dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, thon…), est un composant majeur des membranes neuronales. Plusieurs études, comme celles publiées dans The American Journal of Clinical Nutrition ou The Journal of Nutrition, ont démontré que les oméga-3 sont associés à une réduction du risque de troubles de l’humeur, d’anxiété, et même de troubles de l’attention chez l’enfant.
À l’inverse, une alimentation pauvre en oméga-3, souvent remplacée par des produits ultra-transformés riches en sucres et en graisses saturées, est liée à une augmentation du stress, de l’irritabilité, voire de symptômes dépressifs, selon des travaux publiés dans The Lancet Psychiatry.
Le poisson, un aliment multifonction
Au-delà des oméga-3, le poisson est aussi une source précieuse de nutriments essentiels au bon fonctionnement psychique et cognitif, notamment l’iIode, essentiel à la production des hormones thyroïdiennes, impliquées dans le développement du cerveau, la vitamine D , qui joue un rôle dans la régulation de l’humeur, ou encore le Sélénium, le zinc et la vitamine A, qui soutiennent le système immunitaire et la santé neuronale.
Autant d’éléments qu’on ne retrouve pas en quantité équivalente dans les compléments alimentaires. Les experts en nutrition s’accordent à dire que « les aliments complets offrent un effet synergique que les suppléments ne peuvent reproduire », rappelle le Dr Michael Crawford du Institute of Brain Chemistry and Human Nutrition à Londres.
À quelle fréquence les enfants doivent-ils manger du poisson ?
Les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et du Programme national nutrition santé suggèrent d’inclure du poisson deux fois par semaine, dont au moins une fois du poisson gras. Parmi les plus recommandés : le saumon, les sardines, le maquereau ou encore le hareng.
Cependant, la consommation de certains poissons, comme le thon, doit être limitée chez les jeunes enfants en raison de leur teneur potentielle en métaux lourds, notamment le mercure. L’Anses recommande de ne pas dépasser une portion par mois de thon pour les enfants de moins de 3 ans.
Parmi les poissons les plus intéressants à la fois nutritionnellement et économiquement, la sardine tire son épingle du jeu. Peu coûteuse, riche en DHA et en protéines, elle conserve ses qualités même en boîte. De plus, étant en bas de la chaîne alimentaire, elle est peu contaminée par les métaux lourds.