Une récente étude révèle que le cerveau de nombreuses personnes aurait subi un vieillissement prématuré durant la pandémie de Covid-19, indépendamment de toute infection. Selon les chercheurs des universités d’Oxford et de Nottingham, cette altération serait principalement due aux conséquences indirectes de la crise sanitaire, telles que l’isolement, le stress prolongé et la perturbation des routines quotidiennes. L’étude, publiée le 22 juillet dans Nature, repose sur l’analyse d’IRM et de tests cognitifs menés auprès de 996 participants de la UK Biobank, une base de données médicale britannique. En moyenne, le vieillissement cérébral observé entre 2020 et 2022 équivaudrait à un surcroît d’environ 5,5 mois. Ce phénomène a été constaté aussi bien chez les personnes ayant contracté le virus que chez celles qui ne l’ont jamais été.
Est-ce que ces effets sont réversibles ?
Les résultats mettent en évidence une vulnérabilité particulière chez les hommes et les individus issus de milieux socio-économiques défavorisés. Cette tendance inquiète les scientifiques, qui appellent à renforcer le soutien en matière de santé mentale et cognitive, notamment dans le cadre des futures crises sanitaires. Si le mécanisme exact de ce vieillissement reste à éclaircir, plusieurs pistes sont évoquées : réduction de l’activité physique et intellectuelle, coupure sociale, stress chronique ou encore sédentarité imposée par les confinements successifs. Les chercheurs n’ont pas encore pu déterminer si ces effets sont réversibles, faute de recul suffisant. Pour établir ce diagnostic, un algorithme entraîné sur 15 000 IRM a permis d’estimer un « âge cérébral » pour chaque participant, distinct de leur âge chronologique. Les écarts constatés entre les deux âges ont permis de mesurer la rapidité du vieillissement. L’étude ouvre ainsi un nouveau champ de réflexion sur les impacts neurologiques à long terme des périodes de crise, au-delà de leurs seules dimensions médicales.