Après la publication de La Meute, les auteurs visés par des menaces en ligne
Après la publication de La Meute, les auteurs visés par des menaces en ligne

Depuis la sortie du livre-enquête La Meute, qui examine les rouages internes de La France insoumise, ses auteurs, Charlotte Belaïch (Libération) et Olivier Pérou (Le Monde), sont la cible d’intimidations sur les réseaux sociaux. Face à cette situation, leur maison d’édition, Flammarion, a exprimé son soutien ce vendredi 23 mai et dénoncé des « attaques personnelles inacceptables ».

Une enquête critique sur le fonctionnement de LFI

Paru le 7 mai 2025, La Meute est le fruit de deux années d’investigation. Les deux journalistes y décryptent le fonctionnement vertical du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon, qu’ils décrivent comme structuré autour d’un culte du chef, marqué par les purges internes, la peur, et une logique de confrontation. Le livre s’appuie sur près de 200 témoignages issus de l’entourage ou d’anciens membres de LFI.

Cette publication a provoqué une réaction virulente du fondateur du mouvement insoumis. Lors d’une réunion publique à Aubenas, Jean-Luc Mélenchon a qualifié les journalistes de « gens dégénérés » et a affirmé ne pas avoir lu le livre, refusant qu’il « [lui] rentre dans la tête ». D’autres figures du mouvement, comme Mathilde Panot, ont dénoncé une œuvre « à charge », qu’elles jugent factuellement contestable. Toutefois, comme le soulignait Libération, les démentis apportés portent sur des détails marginaux, sans remettre en cause la ligne générale du propos.

Flammarion s’inquiète d’une atteinte à la liberté d’informer

Dans un communiqué publié ce vendredi, Flammarion alerte sur les menaces et insultes reçues par ses auteurs depuis la parution du livre. « Les journalistes et auteurs doivent pouvoir exercer leur métier sans crainte de menaces, d’intimidation ou de représailles », insiste l’éditeur, condamnant les attaques ad hominem sur les réseaux sociaux. Cette situation réactive le débat sur la liberté d’enquête journalistique, surtout lorsqu’elle concerne des mouvements politiques puissants.

Dans un climat politique déjà tendu, la controverse autour de La Meute illustre la difficulté croissante des journalistes à exercer leur métier sur des terrains sensibles sans subir de pressions. Pour Flammarion, il s’agit d’un « signal d’alerte inquiétant » quant au respect du débat démocratique et de l’indépendance de la presse.

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