Attentat suicide en préparation: trois hommes arrêtés. L'un d'eux avait menacé Mila en 2020
Attentat suicide en préparation: trois hommes arrêtés. L’un d’eux avait menacé Mila en 2020

Trois jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans, ont été interpellés dans le Nord de la France par les services antiterroristes. Les trois suspects ils sont soupçonnés d’avoir préparé un attentat suicide au nom de l’organisation État islamique. Les perquisitions menées ont permis la découverte d’un gilet modifié, d’un dispositif de mise à feu, ainsi que d’une liste d’ingrédients permettant de fabriquer du TATP, un explosif artisanal extrêmement instable. D’après les premières investigations, les suspects projetaient de se faire exploser dans des lieux publics dans le but de faire un maximum de victimes. Parmi les cibles évoquées figuraient un foyer pour jeunes dans le Nord, un restaurant, une boîte de nuit et un site en lien avec la communauté juive.

L’un des suspects avait déjà menacé Mila en 2020

L’enquête a rapidement permis d’identifier l’un des suspects, un jeune homme de 19 ans, né et domicilié à Dunkerque. Inconnu du Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, il avait néanmoins été repéré par le renseignement territorial pour avoir proféré des menaces contre Mila en 2020. Il apparaissait récemment sur les réseaux sociaux avec une arme factice, tenant des propos relevant de la mouvance djihadiste.

Son avocat, Me Réda Ghilaci, conteste les accusations : « Mon client n’est pas radicalisé et n’épouse aucune thèse djihadiste », a-t-il déclaré sur RTL, estimant que l’infraction d’« association de malfaiteurs terroriste » manque de fondement juridique.

Lors de la perquisition de son domicile, les forces de l’ordre ont mis la main sur un gilet artisanal garni de pétards connectés à un dispositif de mise à feu. Le tout semblait constituer un prototype destiné à tester la fabrication d’une véritable ceinture explosive. Les enquêteurs ont également trouvé une lettre d’allégeance à l’État islamique et des documents listant les composants nécessaires à la confection du TATP.

Trois mises en examen

Le parquet national antiterroriste indique que les trois suspects ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Une information judiciaire a été ouverte pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime contre les personnes » et « non-empêchement de crime ou de délit portant atteinte à l’intégrité d’une personne ». L’un des trois hommes aurait également déclaré en ligne son adhésion à l’idéologie djihadiste, saluant la mémoire de plusieurs auteurs d’attentats.

À l’issue de leur garde à vue, deux des suspects ont été placés en détention provisoire. Le troisième a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Le principal suspect, âgé de 19 ans, demeure la figure centrale du dossier. Bien qu’il ne figure pas dans les fichiers de radicalisation, son profil avait déjà attiré l’attention des services de renseignement. L’un de ses proches, soupçonné de lui avoir fourni une arme factice et d’avoir participé activement à la préparation de l’attentat, a également été mis en examen et incarcéré. Son avocat, Me Ghilaci, maintient que son client ne présente aucun signe de radicalisation. Le troisième individu est mis en cause pour « non-dénonciation d’un crime terroriste ». Il a été placé sous contrôle judiciaire.

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