À quelques semaines du retour des pollens, une alerte inquiète les patients allergiques. Le laboratoire Bristol-Myers Squibb a informé les professionnels de santé de fortes tensions d’approvisionnement concernant le Kenacort Retard 40 mg/1 ml, un corticoïde injectable largement prescrit en France. Selon les informations communiquées à l’Agence nationale de sécurité du médicament, un retard de production pourrait conduire à une rupture complète du traitement en mai 2026.
Depuis février, un contingentement a été instauré en pharmacie de ville. Les volumes distribués sont volontairement limités afin d’éviter un épuisement brutal des stocks et de répartir les doses disponibles sur l’ensemble du territoire. Les quantités actuellement mises sur le marché sont censées couvrir les besoins pour environ trois mois. En l’absence de reprise de la production, la rupture serait effective courant mai en ville et vers la fin du mois à l’hôpital. Le fabricant indique ne pas être en mesure de communiquer une date de retour à la normale.
Le Kenacort Retard est un anti-inflammatoire stéroïdien à libération prolongée. Après injection, son action s’étale sur plusieurs semaines. Il est notamment prescrit dans les formes sévères de rhinite allergique saisonnière lorsque les autres traitements ont échoué. Il intervient également dans certaines affections dermatologiques importantes et dans des pathologies rhumatologiques comme les arthrites inflammatoires ou les poussées d’arthrose.
Des alternatives possibles mais pas équivalentes
En cas d’indisponibilité, plusieurs corticoïdes injectables peuvent être envisagés, notamment la bétaméthasone, la prednisolone, la méthylprednisolone ou la dexaméthasone. Ces molécules appartiennent à la même famille pharmacologique et possèdent une efficacité anti-inflammatoire comparable. Toutefois, elles ne présentent pas toutes la même puissance ni la même durée d’action.
La particularité du Kenacort Retard réside précisément dans son effet prolongé. Son remplacement peut donc nécessiter un ajustement des doses ou de la fréquence d’administration. Les patients concernés sont invités à anticiper avec leur médecin toute adaptation thérapeutique afin d’éviter une interruption brutale du traitement.
Cette tension survient alors que des millions de Français s’apprêtent à affronter la saison des pollens. Pour les personnes souffrant de rhinites allergiques sévères, l’accès à ce type de corticoïde peut conditionner la qualité de vie au printemps. L’évolution de la production dans les prochaines semaines sera déterminante pour éviter une rupture complète à l’approche du pic allergique.