Streaming, vinyle, abonnements : le marché mondial de la musique poursuit son envol
Streaming, vinyle, abonnements : le marché mondial de la musique poursuit son envol

L’industrie de la musique enregistrée continue d’enchaîner les bonnes années. D’après le rapport annuel de l’IFPI, ses revenus mondiaux ont atteint 31,7 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 6,4 % sur un an et une onzième année de croissance consécutive. En France aussi, la dynamique reste favorable : selon le Snep, le marché a dépassé 1,07 milliard d’euros de chiffre d’affaires, confirmant dix années de hausse ininterrompue. Le secteur doit beaucoup au streaming payant, mais aussi au retour en force des supports physiques, avec un vinyle plus désirable que jamais.

Le streaming reste le moteur principal de la croissance

À l’échelle mondiale, l’abonnement aux plateformes musicales demeure le grand carburant du secteur. Le rapport de l’IFPI montre que le streaming représente désormais 69,6 % des revenus de la musique enregistrée, avec plus de 22 milliards de dollars générés en 2025. À lui seul, le streaming payant pèse plus de la moitié du marché, porté par 837 millions d’abonnés dans le monde. Toutes les grandes régions progressent, avec des accélérations particulièrement marquées en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et surtout en Amérique latine, où la hausse atteint 17 %.

La France suit la même tendance, mais à un rythme un peu plus modéré. Le Snep évalue la croissance du marché hexagonal à 3,9 % sur un an, ce qui permet au pays de conserver sa sixième place mondiale. Le numérique y domine aussi largement, avec 702 millions d’euros issus du streaming. Les abonnements payants, qui ont rapporté 553 millions d’euros, constituent la principale source de progression. Le marché français compte désormais 18,7 millions d’utilisateurs d’offres musicales par abonnement, même si cette pénétration reste inférieure à celle d’autres grands pays, notamment chez les plus de 50 ans.

Le vinyle confirme son retour et l’IA inquiète déjà le secteur

Contrairement aux idées reçues, la croissance actuelle ne repose pas uniquement sur le numérique. Les formats physiques résistent, et le vinyle continue même de gagner du terrain. Dans le monde, l’IFPI indique que les revenus tirés des supports physiques ont atteint 5,3 milliards de dollars en 2025, avec une hausse de 13,7 % pour le seul vinyle. En France, le Snep souligne que ce format a dépassé les 113 millions d’euros, soit une progression de près de 15 % sur un an. Le phénomène touche particulièrement les moins de 35 ans, qui voient dans le disque un objet à collectionner autant qu’un support d’écoute.

Autre spécificité française : le poids du répertoire national. Selon le Snep, 16 des 20 albums les plus vendus en 2025 sont des productions françaises, preuve que le marché intérieur reste très solide. Mais cette embellie ne masque pas les nouveaux défis. Dans son entretien à France Culture, Alexandre Lasch, directeur général du Snep, alerte sur la nécessité d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle. Les outils génératifs puisent déjà dans les catalogues existants et produisent des morceaux concurrents, souvent sans autorisation préalable. Pour une industrie qui a mis plus d’une décennie à se relever du choc du piratage, la question est désormais claire : comment prolonger cette croissance sans laisser l’IA capter seule la valeur créée par les artistes ?

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