Les États-Unis ont encouragé la Syrie à envisager une intervention militaire dans l’est du Liban contre le Hezbollah, mais Damas reste réticent, craignant d’être entraîné dans une escalade régionale, selon plusieurs sources proches du dossier.
L’idée consisterait à déployer des forces syriennes pour contribuer au désarmement du Hezbollah, allié de l’Iran, dans un contexte de guerre ouverte entre Téhéran, Israël et les États-Unis. Cette proposition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir le mouvement chiite libanais, engagé dans des affrontements avec Israël depuis début mars.
Cependant, les autorités syriennes redoutent les conséquences d’une telle opération. Elles craignent notamment une réaction directe de l’Iran, ainsi qu’un embrasement des tensions sectaires dans une région déjà fragilisée par des années de conflits.
Selon plusieurs sources, dont des responsables syriens et occidentaux, cette option avait déjà été évoquée l’an dernier, mais elle a été remise sur la table au moment du déclenchement de la guerre actuelle. Une demande américaine aurait même été transmise peu avant, voire juste après le début des hostilités.
Malgré les pressions, Damas privilégierait pour l’instant la prudence. Un responsable syrien a indiqué que le gouvernement et ses alliés arabes s’accordaient pour rester à l’écart du conflit, afin d’éviter une nouvelle déstabilisation du pays.
Le Hezbollah, qui avait combattu les rebelles syriens pendant la guerre civile, reste une force influente dans la région, et toute action contre lui pourrait raviver d’anciennes fractures.
La Syrie aurait par ailleurs assuré le Liban qu’elle ne comptait pas intervenir, cherchant à limiter les tensions bilatérales dans un contexte déjà explosif.
Cette situation illustre les dilemmes stratégiques auxquels sont confrontés les acteurs régionaux, tiraillés entre pressions internationales et risques d’embrasement, alors que la guerre s’étend progressivement à plusieurs fronts au Moyen-Orient.
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