Face à la crise persistante de l’accès aux soins dans de nombreuses zones rurales et périurbaines, François Bayrou relance le débat sur les obligations des professionnels de santé. Le Premier ministre a proposé que les médecins soient tenus de consulter dans les déserts médicaux « jusqu’à deux jours par mois », afin de lutter concrètement contre les inégalités territoriales en matière de santé.
Améliorer l’accès aux soins dans les zones les plus touchées
En déplacement ce vendredi dans le Cantal aux côtés de plusieurs ministres, François Bayrou a présenté les grandes lignes du « pacte de lutte contre les déserts médicaux », une initiative gouvernementale destinée à améliorer l’accès aux soins dans les zones les plus touchées.
Alors que l’Assemblée nationale a récemment adopté l’article 1er d’une proposition de loi visant à réguler l’installation des médecins, le président du MoDem prend ses distances avec cette approche coercitive. Il privilégie à la place un principe de « solidarité territoriale » : tous les médecins, généralistes comme spécialistes, seront tenus d’assurer plusieurs jours de consultation par an dans les zones en pénurie de professionnels de santé.
Il s’agit d’une mesure inédite dans l’organisation du système de santé. Pour encourager l’adhésion volontaire, le gouvernement prévoit des incitations financières pour les praticiens qui accepteront cette mission, et des sanctions pour ceux qui refuseraient de s’y conformer.
« Le principe, c’est de faire confiance aux professionnels », indique une source gouvernementale, tout en précisant que « si la contrainte devient nécessaire, elle sera mise en œuvre ».
D’ici la fin du mois de mai, les agences régionales de santé devront établir une cartographie précise des zones dites « rouges », dans lesquelles une présence médicale régulière sera considérée comme une priorité absolue.