Sur le plateau de Face à l’info sur CNews, la mère d’Elias, un adolescent de 14 ans tué à la machette à Paris, a tenu à dénoncer les propos de journalistes mensongers ou trompeurs. Son intervention visait directement Patrick Cohen, journaliste et éditorialiste sur France Inter et France 5, qu’elle accuse de déformer les faits entourant le meurtre de son fils.
Pour rappel, Elias a été attaqué mortellement à la machette en avril dernier dans le 14e arrondissement de Paris. Les deux agresseurs, âgés de 16 et 17 ans, sont connus de la justice et étaient sous contrôle judiciaire avec interdiction de se côtoyer. Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte, et les deux mineurs ont été mis en examen et placés en détention provisoire.
Les mensonges de Patrick Cohen
Alors que l’enquête est encore en cours, Patrick Cohen a évoqué l’affaire dans une chronique sur France Inter, affirmant que l’adolescent aurait été tué pour avoir refusé de remettre son téléphone à ses agresseurs. Une version que la mère d’Elias conteste fermement.
Devant Laurence Ferrari, elle a exprimé sa colère : « Il y a une manipulation de l’information. J’ai entendu dans les médias une interprétation erronée de ce qui est arrivé à mon fils. Patrick Cohen, dans son édito, a expliqué que mon fils est mort parce qu’il n’a pas donné son téléphone. En réalité, ce qu’il fait, c’est établir un lien de causalité douteux, presque une forme de justification implicite. C’est comme dire qu’une femme violée l’a été à cause de sa tenue. »
Elle ajoute : « Patrick Cohen est un journaliste qui se veut rigoureux, mais ici, il biaise le récit. On sait que l’arme était dissimulée, que l’attaque a été brutale et préméditée. Mon fils ne s’est pas laissé faire, c’était dans sa nature. Il a résisté, il s’est tenu droit. Je suis sa mère, je le connais. Ce n’est pas une histoire de téléphone. »
Cette prise de parole relance le débat sur la manière dont les faits divers impliquant des mineurs sont traités dans les médias. La Ligue des droits de l’Homme et plusieurs associations de défense des victimes ont depuis appelé à une plus grande prudence dans la diffusion de récits non vérifiés, rappelant que les paroles des journalistes peuvent profondément impacter les proches des victimes et peser sur le déroulement judiciaire…