Volodymyr Zelensky a déclaré dimanche à Londres qu’il ne serait « pas si facile » de le remplacer, insistant sur le soutien dont il bénéficie et sur la difficulté d’organiser une élection en temps de guerre. « Il ne s’agirait pas juste d’organiser des élections. Il faudrait aussi m’empêcher de candidater, ce qui serait un peu plus compliqué », a-t-il affirmé, en réponse aux critiques de Washington et aux pressions de certains responsables américains qui souhaitent un changement de leadership à Kiev pour faciliter les négociations avec Moscou.
Cette déclaration tranche avec ses propos d’il y a quelques semaines. Le 23 février, lors d’une conférence de presse, Zelensky s’était en effet dit prêt à quitter le pouvoir en échange d’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan. « Si cela signifie la paix pour l’Ukraine, je suis prêt », avait-il alors déclaré, ouvrant la porte à un éventuel départ si cela permettait de sécuriser le pays sous le parapluie de l’Alliance atlantique.
Mais la ligne semble avoir évolué. Désormais, le président ukrainien ne conditionne plus son maintien à l’écart de l’Otan et semble vouloir rester aux affaires tout en poursuivant son plaidoyer pour l’adhésion de son pays. Cette posture intervient alors que les relations entre Kiev et Washington se sont nettement dégradées après une rencontre tendue entre Zelensky et Donald Trump à la Maison-Blanche le 28 février. Plusieurs figures de l’administration américaine ont depuis laissé entendre que l’Ukraine aurait besoin d’un dirigeant plus enclin à négocier avec la Russie.
La position de Zelensky reflète aussi la complexité de la situation politique en Ukraine. Son mandat s’est officiellement terminé en mai 2024, mais la guerre a empêché l’organisation d’une élection, lui permettant de rester en place sans réélection. Alors que les critiques se multiplient sur cette situation, le président ukrainien semble osciller entre volonté de rester au pouvoir et nécessité de rassurer ses alliés occidentaux sur son engagement à mettre fin au conflit.