Quinze personnalités politiques issues de sensibilités diverses ont signé une tribune publiée jeudi dans Ouest-France pour réaffirmer leur opposition à la gestation pour autrui (GPA), une pratique toujours interdite en France. À l’initiative de la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, ce texte intervient quelques jours après les déclarations de Gabriel Attal, qui avait estimé que le débat sur une éventuelle GPA dite « éthique » ne devait pas être écarté d’emblée.
Les signataires, parmi lesquels figurent l’ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, Agnès Buzyn, Nicole Belloubet ou encore Rachida Dati, estiment que la question dépasse les clivages politiques traditionnels. Selon eux, la GPA soulève une interrogation fondamentale sur la place du corps des femmes dans la société et sur les limites à fixer au désir de parentalité.
Le gouvernement également opposé à la légalisation
Dans leur texte, ils dénoncent également le développement d’un marché mondial de la reproduction, évalué à plusieurs milliards de dollars. Les auteurs de la tribune considèrent que derrière l’argument d’une GPA encadrée ou « éthique » se cache un système économique reposant sur une logique de demande et d’offre, dans lequel les femmes porteuses demeurent souvent les plus vulnérables. Ils rejettent par ailleurs l’idée selon laquelle le recours à la GPA pourrait constituer une réponse à la baisse de la natalité.
Les signataires distinguent toutefois leur opposition à la pratique de la situation des enfants déjà nés par GPA à l’étranger. Ils rappellent que leurs droits doivent être pleinement protégés, tout en refusant que cette protection soit interprétée comme une validation du processus ayant conduit à leur naissance. Cette prise de position intervient alors que plusieurs responsables gouvernementaux, dont la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ont également exprimé leur hostilité à toute forme de légalisation de la GPA.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.