L’administration Trump a officiellement mis fin, mardi, à une initiative mise en place par Elon Musk au sein de la fonction publique fédérale, marquant un tournant dans la relation entre le président américain et l’homme d’affaires. Ce programme, surnommé le courriel des « cinq choses », obligeait les employés fédéraux à résumer chaque semaine leurs cinq principales réalisations professionnelles. Il avait été instauré dans le cadre des efforts de Musk pour rationaliser les effectifs gouvernementaux.
C’est l’Office of Personnel Management (OPM), l’agence en charge des ressources humaines du gouvernement fédéral, qui a annoncé la suppression de cette directive. Dans une note interne, l’OPM a formellement annulé les instructions précédemment données aux employés, mettant ainsi un terme définitif à cette mesure. Selon son directeur, Scott Kupor, les managers disposent d’autres moyens plus efficaces pour suivre les activités de leurs équipes.
« Chez OPM, nous pensons que les managers ont la responsabilité de rester informés de ce sur quoi travaillent les membres de leur équipe et disposent de nombreux autres outils pour le faire », a déclaré Kupor dans un communiqué. Il a précisé que l’agence ne gèrerait plus ce processus, ni ne l’utiliserait à l’interne, et que cette décision avait été communiquée aux responsables des ressources humaines des différentes agences gouvernementales.
L’initiative avait été introduite dans le cadre de la politique de réduction des effectifs fédéraux défendue par Elon Musk, alors conseiller informel du président Trump. Mais elle avait rencontré une forte opposition au sein des administrations, beaucoup de fonctionnaires la jugeant bureaucratique, intrusive et inefficace. Plusieurs agences avaient déjà cessé d’y adhérer avant même l’annonce officielle de son abandon.
La suppression de ce programme survient dans un contexte de tensions croissantes entre Trump et Musk. Leur relation s’est visiblement détériorée au début du mois de juin, après une série de désaccords publics sur des questions de politique intérieure. Bien que Musk ait été l’un des partisans les plus visibles de Trump lors de sa campagne de réélection, leur mésentente récente semble marquer un éloignement durable.
Cette décision met un terme à l’une des initiatives les plus symboliques — et les plus critiquées — de l’influence de Musk sur l’appareil gouvernemental. Elle pourrait également illustrer la volonté de l’administration Trump de reprendre le contrôle de son agenda politique, sans l’intervention directe de figures extérieures, même aussi influentes que le patron de Tesla et SpaceX.